Le Festival Planche(s) Contact fait de Deauville la nouvelle capitale de la Photographie

Deauville
Jusqu'au 5 janvier 2020

C’est désormais un rendez-vous incontournable de la scène photographique contemporaine, le festival Planche(s) Contact revient pour sa dixième édition, confirmant la ville de Deauville comme capitale de la photographie. Et pour cette édition anniversaire, une nouvelle directrice artistique – Laura Sérani – qui insuffle un vent de fraîcheur et de nouveauté, tout en respectant les grandes directions qui ont fait de ce festival une référence en Europe. On garde le meilleur et on va encore plus loin. Le principe, on le rappelle, inviter des photographes de tous horizons,  reconnus, émergents, jeunes talents, les accueillir en résidence à Deauville, et recueillir leurs points de vue sur la ville, en mettant en correspondance leurs univers photographiques. Une rencontre artistique d’une rare richesse, au sens premier du terme bien sûr mais pas seulement. Ces regards croisés nous invitent à regarder autour de nous, et à accepter la multiplicité des visions sur une même réalité, apprendre à regarder à travers les yeux de l’autre, au-delà du prisme somme toute réduit de nos smartphones à selfies. Autre principe fondamental, faire tomber les cloisonnements, artistiques certes, mais physiques aussi. Une exposition qui multiplie autant les points de vue que les points de rendez-vous, qui sort du cadre, au sens littéral du terme, nous menant des planches de la plage à celles des photographes, de la Villa Strassburger aux Quais de l’Impératrice Eugénie, du Point de Vue à la Chatonnière, jusqu’au plongeoir de la piscine olympique. Et au cours de notre déambulation, nous croisons les portraits des maraîchers de la place Morny – vus par Carole Bellaïche, nous plongeons dans les clichés éminemment poétiques, presque musicaux, de Nicolas Comment, nous racontant la ville à la manière d’un cinéaste, ici dans une suite de l’hôtel Le Normandy. Arrêt sur image avec les œuvres de Larry Fink, figure incontournable de la photographie américaine connu pour ses clichés incisifs de la société américaine, qui s’est attardé sur le monde hippique et la plage de Deauville. Nous reviendrons sur les pas des plus grands écrivains ayant écrit ou vécu en Normandie, de Guillaume Apollinaire à Jospeh Kessel, de Colette à Sacha Guitry, parcourrons la ville nocturne avec Alisa Resnik, sous son objectif sans concessions, et nous amuserons aux côtés des Riverboom sur les rivalités entre les deux sœurs que sont Deauville et Trouville, jouant littéralement sur les stéréotypes, ou plutôt ici les « clichés » populaires, dans une approche pleine de second degré, drôle et iconoclaste. Sur la plage, les photographies XXL de Koto Bolofo, photographe de mode et réalisateur sud-africain au style élégant et recherché, ponctuent notre balade avec ses images poétiques et monumentales, réalisées ici même, il y a des années. Côté mode, c’est d’ailleurs Sarah Moon qui préside cette année le jury des jeunes talents, à travers un panorama qui passe magnifiquement du documentaire à la mise en scène, du portrait authentique à un imaginaire fantasmé. Dans la série des têtes d’affiche, on ne pourra pas passer à côté de l’hommage à Claude Lelouch, qui reçoit carte blanche, 53 ans après sa Palme d’or pour Un homme et une femme, qui a contribué à faire rayonner Deauville bien au-delà de nos frontières. Un voyage qui mêle surprise, émotion, humour et beauté, et nous invite à nous ré-émerveiller.

FESTIVAL PLANCHE(S) CONTACT

Deauville, l’autre capitale de la photographie. Pour cette nouvelle édition, le festival Planche(s) Contact voit les choses en très grand, investissant désormais tous les espaces de la cité balnéaire, du quartier de la presqu’île à l’hôtel Barrière Normandy, du Point de Vue à la piscine, en se faufilant même dans des édifices désaffectés, c’est une immense fête de la photo, qui se déploie sur trois mois ! Pour sa dixième édition, ce rendez-vous de la pellicule est présidé par Sarah Moon, mannequin devenue photographe, et notamment connue pour ses publicités Cacharel ou encore ses fameux clichés noir et blanc pris avec un Polaroïd. L’idée de cet événement : sublimer ce coin maritime de Normandie qui n’en finit pas de nous émerveiller avec son architecture féerique et son immense plage balayée par les marées. Pour ce faire, quoi de mieux que de confronter cinq jeunes talents – autour d’un concours de photographie  –  avec des artistes confirmés ?  Parmi eux, on retrouve Caroline Bellaïche reconnue pour ses élégants portraits, Larry Fink, figure incontournable de la photographie américaine ou encore les iconoclastes Riverboom. Et si vous faisiez une escale en compagnie… de Claude Lelouch à la Villa Strassburger ? Dans le cadre de sa Carte Blanche, Planche(s) Contact fait appel au célèbre réalisateur qui a su magnifier Deauville mieux que personne.  Pendant que vous découvrirez des images inédites liées à l’histoire de Deauville, il est probable que l’envie de voir Un homme et une femme vous prenne. L’autre rencontre à ne pas manquer de ce festival : l’exposition Grand Format sur la plage, dédiée à Koto Bolofo. Après Peter Lindbergh, disparu récemment, et Peter Knapp, c’est au tour de ce photographe de mode d’être affiché en format géant. Vous ne saurez plus où donner de la tête au milieu de ces clichés chics et dandy en noir et blanc. Le tout sur du sable fin, que demander de plus ?

 

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Partout dans la ville de Deauville
Jusqu’au 5 janvier 2020


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