Exposition Oral texte à la Fondation Pernod Ricard, quand l'expression devient objet
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« - Où se trouve votre œuvre ? - Là, là où je parle en ce moment ». Cette réponse, formulée par le maître de la performance Yves Klein lors d’une conférence à la Sorbonne en 1959, résume peut-être à elle-seule l’initiative de la Fondation Pernod Ricard. En revenant sur les origines du langage articulé, elle détourne subtilement les fondements classiques de l’exposition. Et si l’art, une fois les limites du cadre traditionnel franchies, pouvait devenir sonore ? Au fil des mots, au cœur de la parole, ce mode de communication humain s’impose dans nos esprits et nous entoure continuellement. Entre les murs d’un espace immergé de lettres et de sons, la Fondation propose de réévaluer ce qui se passe au-delà du discours, comme une invitation à lire entre les lignes, dans un nouveau rapport à la voix qui nous échappe parfois. Cette exposition innovante revient sur le bruit et la parole, de l’oralisation du son à son articulation en signes. Entre vidéos, peintures, sculptures et installations, douze artistes déplient les modes opératoires de nos rapports à la langue et construisent une nouvelle forme de discours, dans lequel la parole n’est pas utilisée pour dire, mais cette fois, pour créer.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.
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