Du 22 septembre au 31 décembre 2017 - Centre des Arts //
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Une seule assignation ne suffirait pas à résumer le spectre d’activités d’Alain Fleischer. L’expression d’artiste « touche à tout » se vérifie ainsi clairement dans son cas. Travaillant à la fois l’écriture, la vidéo, la photographie et les arts plastiques, il aime à passer d’une forme d’expression à une autre, à transférer une pensée matérielle en un objet conceptuel et vice versa. Chaque discipline devient pour lui un sujet d’expérimentation. Manipulant le sensible, il pousse chacune de ses tentatives dans ses retranchements. On peut parler ici d’intermédialité, de dialogue entre les différents médiums dont il use, cette façon de passer de l’audible au visible, du mécanique au numérique ou encore de la linéarité à la tridimensionnalité. D’un transfert à l’autre, il étudie ainsi la trace que laisse ce passage derrière lui, l’empreinte qui a été apposée. Y a-t-il des séquelles, des marques qui témoignent de cet échange ? Comment la répétition impacte le support, la déformation est-elle perceptible et si oui comment ? L’artiste prend ici toute sa fonction de créateur, dans un sens presque divin, par sa manière de structurer la lumière, de manier l’espace comme une matière tangible et de négocier de la sorte avec la notion de durée, de temps.
From one support to another, Alain Fleischer questions the notions of persistence and safeguarding when the passage from the same shape or the same deformation, from the same morphological anomaly to distinct inanimate physical objects.
Centre des Arts
Du 22 septembre au 31 décembre 2017 12-16 rue de la Libération, 95880 Enghien-les-Bains – Gare d’Enghien-les-Bains (Transilien H) Du mar. au ven. de 11h à 19h, le sam. de 14h à 19h, et le dim. de 14h à 18h Fermé le lun. Entrée libre
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.