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Port Royal - Sébastien Bourdon
Port Royal - Sébastien Bourdon

Hercule (1-0) Oiseaux du Lac Stymphale

Antoine Bourdelle -
Héraklès archer, 1861-1929 //

Il n’est un secret pour personne, l’Antiquité a inspiré, inspire et inspirera toujours les artistes dans l’apprentissage de leur médium. En sculpture, elle est un idéal, un apogée qui a été atteint, une référence. C’est sans surprise alors que l’on retrouve chez Antoine Bourdelle quantité d’œuvres directement empreintes de cet héritage. Le musée éponyme met aujourd’hui la lumière sur cette filiation entre antiquité et modernité au fil de ses œuvres et en dévoile les secrets cachés.

Musée Bourdelle, Paris Reproduction photo : © ARCP Ville de Paris /Constance Asserman

Vivre pour l’art, c’est en quelque sorte le leitmotiv de chaque artiste, mais chacun durant sa carrière couve également le désir ardent de parvenir au chef-d’œuvre, celui qui leur assura la postérité et la résonnance de leurs paires, une sorte de ticket pour l’immortalité. Antoine Bourdelle n’y a pas manqué, et doit ce trait de génie à l’Antiquité et plus particulièrement aux récits fabuleux nés en Grèce. C’est un demi-dieu qui a fait de lui un mythe, Hercule, ou Héraklès. En 1909, il réalise une sculpture, gravant dans le bronze Héraklès en position d’archer pendant qu’il accomplit l’un de ses douze travaux. Il s’agit ici du sixième, celui où on le voit combattre les oiseaux du Lac Stymphale, des oiseaux monstrueux, se servant de leurs plumes tranchantes et aiguisées comme de flèches pour détruire les hommes ou les dévorer.

Le résultat est saisissant. Bourdelle a su faire jaillir l’Antique, la sobriété des lignes, la netteté du geste, tout en lui insufflant une modernité brute et ancrée dans son temps. C’est Héraclès qu’il a dans la tête, mais un modèle vivant devant ses yeux, un militaire particulièrement sportif, André Doyen-Parigot. Le tour de force est ici, c’est l’équilibre, c’est la tension qui habite la sculpture. Les muscles sont tendus, au reflet de l’arc, le pied quant à lui prend appui sur la roche, laissant la jambe fléchie. Les traits sont saillants, répondant à la rudesse de la pierre. Ce jeu de bascule, de pressions opposées, donne à l’œuvre toute sa technicité, Bourdelle jongle entre les vides et les pleins, entre les droites et les courbes. On pourrait presque penser que cette œuvre n’a pas un sens, mais plusieurs, qu’elle est faîte pour s’ajuster de différentes façons et être vue sous différents angles. Comme l’Antiquité a façonné la main Bourdelle, ce dernier a également laissé sa marque dans les créations de ses prédécesseurs. On compte notamment Germaine Richier, Henri Laurens et Jacques Lipchitz.

Pour en savoir plus sur l'exposition : Bourdelle et l'Antique, une passion moderne

Visible au Musée Bourdelle 
18 rue Antoine Bourdelle, 75015 - M° Falguière (12)

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