Fondation du doute Du 7 juillet au 5 novembre 2018
Du 7 juillet au 5 novembre 2018 -
Fondation du doute //
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« On peut le faire », et rien n’est plus simple pour Ben Vautier. Plus connu sous le nom de Ben, cet artiste français d’origine suisse clame ce crédo haut et fort à l’occasion de cette exposition pleine d’aplomb et de dérision. Dans ce lieu à part porté par lui-même, qui n’est ni un musée, ni un centre d’art, il réaffirme son lien avec le mouvement Fluxus né dans les années 1960 et fondé sur le questionnement autour du statut de l’œuvre d’art, du rôle de l’artiste et de la place de l’art dans la société. Un esprit plus qu’un art. Ce dernier a donc réalisé sur un grand mur de 8 mètres de long situé dans le pavillon de la fondation, une œuvre monumentale où l’on retrouve bien sûr sa touche d’humour qui lui est toute caractéristique. En partant de l’idée que l’on n’a pas tous les moyens de s’offrir un Picasso ou un Vermeer, il a créé Pour un collectionneur pauvre, une œuvre qui porte bien son nom. Cette série est riche d’œuvres des plus illustres artistes, à ceci près que ce ne sont pas les originales. Un Yves Klein réinterprété à la lumière intelligente de Ben donne ainsi un chalumeau brûlant un panneau, pour rappeler le feu travaillé par Klein. Monet, Dubuffet, Van Gogh et bien d’autres se retrouvent ainsi sur ce mur où Ben revisite l’histoire de l’art et souhaite surtout montrer que l’art est à la portée de tous. Il suffit d’être créatif : on peut le faire !
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
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Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
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