Requiem pour les Barthélemy
Requiem pour les Barthélemy

Les 10 galeries incontournables

En 2018, la FIAC ne change pas d’objectif : rendre compte avec détermination de la création artistique actuelle. À cette occasion, décryptons les artistes les plus influents du marché qui y sont exposés cette année.

 

Joan Miró, L’oiseau solaire, 1968

Joan Miró, L’oiseau solaire, 1968

JOAN MIRÓ

Qu’elles sont reconnaissables les petites formes colorées de l’artiste espagnol Joan Miró. S’il est l’un des principaux représentants du surréalisme, cette figure du XXe siècle se caractérise par ses peintures naïves, presque enfantines et son attrait pour le subconscient. Surfant sur l’onirisme, il ne se plie à aucune exigence et n’en fait qu’à sa tête en matière d’art. Sur le marché cependant, Joan Miró secoue toujours autant les acheteurs : son huile sur toile La Caresse des étoiles a atteint en 2008, le montant de 11 000 000 euros. Attention cependant, son œuvre aurait souvent fait l’objet de falsifications.

Exposé par la Galerie Lelong

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William S. Burroughs, The Cat who walked all by himself ..., 1992 © Courtesy Semiose galerie, Paris

William S. Burroughs, The Cat who walked all by himself ..., 1992 © Courtesy Semiose galerie, Paris

WILLIAM S. BURROUGHS

S’il est exposé à la Fiac en tant qu’artiste, William S. Burroughs est surtout connu pour ses romans. Associé à la Beat Generation, à l’instar de Jack Kerouac, ses œuvres sont aussi hallucinées que sa production littéraire dont la plus connue reste Le Festin nu (1959). S’il ne consacre que les 15 dernières années de sa vie aux arts plastiques, il marque le genre du collage par ses combine paintings : un assemblage sur planche de bois créé à partir de peinture tirée à la carabine, collage, dessins à l’encre et pochoirs. Il les réalise, retiré de tout dans le Kansas, en compagnie de ses chats.

Exposé par la Semiose Galerie

 

 

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Jean Dubuffet, Ontogenèse, 1975

Jean Dubuffet, Ontogenèse, 1975

JEAN DUBUFFET

Voici un artiste que l’on ne présente plus. Et pourtant, il est possible que Jean Dubuffet réserve encore quelques surprises. Le célèbre plasticien français qui théorisa le mouvement de l’art brut, était en effet aussi admiré que décrié. De sa première exposition en 1945 à la Galerie René Drouin, à sa rétrospective organisée par Jean-Louis Prat en 1985 à la Fondation Maeght, l’artiste crée le scandale et ne cesse de se brouiller avec ses différentes fréquentations. Pourtant, l’ensemble de son œuvre, dont la fameuse Villa Falbala représente aujourd’hui un monument dans l’Histoire de l’art.

Exposé par la Galerie Lelong et Applicat Prazan

 

 

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John Armleder, Furniture sculpture, 1994 © Courtesy de l'artiste et de la galerie Catherine Issert

John Armleder, Furniture sculpture, 1994 © Courtesy de l'artiste et de la galerie Catherine Issert

JOHN ARMLEDER

Parmi les artistes Fluxus, l’artiste suisse John Armleder est un des noms à retenir. Proche du mouvement néo-géo, son œuvre se caractérise par l’insertion de l’Abstraction dans le réemploi de meubles. Dans ces furniture-sculptures, les références à l’Histoire de l’art sont nombreuses… expliquant peut-être l’engouement des collectionneurs à leur égard.

Exposé par la Catherine Issert

 

 

 

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Daniel Buren et Anish Kapoor, A sei mani, 2018 © Courtesy the artists and GALLERIA CONTINUA

Daniel Buren et Anish Kapoor, A sei mani, 2018 © Courtesy the artists and GALLERIA CONTINUA

DANIEL BUREN & ANISH KAPOOR

Cela aurait pu être dangereux de confronter deux artistes contemporains d’une telle envergure et de 20 ans d’écart pour créer une installation. Pourtant ces adeptes des scandales, Buren pour les colonnes du Palais-Royal et Kapoor pour sa carte blanche à Versailles, ont œuvré ensemble cette année en Toscane. Affronter les polémiques en duo serait-il plus aisé ?

Exposé par la Galerie Continua

 

 

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GIUSEPPE PENONE

A la fin des années 60, le retour de l’art à l’essentiel est de mise. Regroupé sous le nom d’Arte povera, le mouvement dont fait partie Giuseppe Penone, se caractérise par la mise en lumière de la nature. L’italien travaille à partir de ces matériaux premiers comme le bois, pour explorer le rapport du corps à l’œuvre. Et cela séduit : en 1999, son Arbre des voyelles, commande de l’Etat, est exposé dans le Jardin des Tuileries.

Exposé par la Galerie Marian Goodman et la Galerie Tucci Russo

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SHEILA HICKS

C’est en parcourant le Mexique et l’Amérique du Sud que l’américaine s’est convertie aux techniques des tisserands indigènes. Grâce à des textiles péruviens, elle crée des œuvres entre tapisserie et sculpture. Si elle travaille dans un petit atelier du quartier Latin, sa renommée est internationale : elle réalise en 2001 le rideau du Théâtre de Gunma au Japon.

Exposé par la Galerie Massimo Minini

 

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LEANDRO ERLICH

Celui qui a renversé les escaliers du Bon Marché à Paris, c’est lui ! L’artiste contemporain argentin s’est fait connaitre par ses œuvres délurées, composées d’éléments architecturaux à échelle humaine, qui permet au public d’y participer. Des trompe-l’œil qui questionnent ainsi sur l’existence matérielle et sur l’environnement urbain. Une touche humoristique et poétique au cœur de la Fiac.

Exposé par la Galerie Nogueras Blanchard

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LINDER

Détrompez-vous, cette œuvre est bien celle d’une artiste féministe radicale. Linder Sterling crée des collages punk à partir d’images découpées dans des magazines pornographiques et féminins. Le but de cette plasticienne britannique des années 70 étant bien sûr de dénoncer le sexisme et la marchandisation des femmes. Un vent de « Women, wake up » souffle sur la foire !

Exposé par la Galerie Andréhn-Schiptjenko  

 

 

 

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Robert Indiana, Love, 1966-1995

Robert Indiana, Love, 1966-1995

 

ROBERT INDIANA

Philadelphie, 1970. Dans le parc de la ville trône l’œuvre LOVE signée Robert Indiana, aujourd’hui déclinée dans le monde entier. Mais le travail de cette figure du Pop Art ne se limite pas à ces sculptures composées de lettres géantes. Le contemporain d’Andy Warhol était surnommé le « peintre américain des symboles » par sa réflexion autour de l’image de l’Amérique moderne. En soutien à Barack Obama, il avait d’ailleurs créé une seconde version : HOPE…

Exposé par la Galerie Paul Kasmin

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Tatsuo Miyajima, Life (rhizome), 2013.

Tatsuo Miyajima, Life (rhizome), 2013.

TATSUO MIYAJIMA

S’il travaille sur la frénésie du monde contemporain, ce n’est pas par hasard : Tatsuo Miyajima est originaire de Tokyo. Le peintre d’installations et auteur de performances crée à partir d’éléments électroniques et de compteurs à LED. Installées dans l’obscurité, ses œuvres offrent ainsi au public un sorte de voyage dans le temps et l’espace sans limite.

Exposé par la Galerie SCAI THE BATHHOUSE et la Galerie Lee Ufan.

 

 

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Lucio Fontanta, Concetto spaziale, Attese, 1967 © Courtesy Tornabuoni

Lucio Fontanta, Concetto spaziale, Attese, 1967 © Courtesy Tornabuoni

LUCIO FONTANA

Il faut croire que les peintures monochromes étaient trop classiques pour cet artiste originaire d’Argentine. Fondateur du mouvement spatialiste, Lucio Fontana préfère maltraiter ses toiles en les découpant au cutter. Il faut tout de même débourser aujourd’hui 20 millions de dollars en moyenne pour se payer l’un de ces fameuses peintures lacérées. L’idée du siècle ?

Exposé par la Galerie Tornabuoni Art et la Galerie Mazzoleni

 

 

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Louise Bourgeois: Spider Couple

Louise Bourgeois: Spider Couple

LOUISE BOURGEOIS

Décidemment les collectionneurs ne se lassent pas des œuvres de Louise Bourgeois, cette plasticienne française qui réalise des sculptures et des installations monumentales. Abordant les thèmes de la famille, de la féminité et du subconscient, elle est connue pour ses « femmes maisons » et pour son araignée, Maman, qui interrogent comme l’ensemble de son œuvre la relation d’une femme avec son espace domestique.

Exposée par la Galerie Xavier Hufkens  

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Wang Du, J’aime la France, 1997-2007

Wang Du, J’aime la France, 1997-2007

WANG DU

Si les sculptures de Wang Du, artiste chinois installé à Paris, peuvent sembler drôles, elles sont en fait une expression de sa critique de la société de consommation et du système médiatique. Trop rebelle pour son pays d’origine, il travaille désormais en France : les images de la capitale nourrissent son œuvre. De quoi être inspiré pour un certain temps.

Exposé par la Galerie Laurent Godin


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