Actu - Le mystère Gauguin reste entier

L'oeuvre de Gauguin a mystérieusement été retirée de la vente // 

AFP / Bertrand Guay

On vous l'avait annoncé il y a plusieurs semaines et on attendait avec impatience cette vente qui s'annonçait exceptionnelle ! Le fameux Jardin de Pissarro de Paul Gauguin, montré au public seulement deux fois en 140 ans, devait être vendu aux enchères jeudi 29 mars dernier chez Sotheby's. Seulement voilà, le tableau qui avait été estimé entre 600 000 et 900 000 euros a finalement été retiré de la vente à la dernière minute. On s'interroge sur les raisons de ce revirement de situation ... Etait-ce un faux ? Le vendeur s'est-il finalement rétracté ? L'estimation était-elle trop basse au regard du dernier record de Gauguin adjugé 300 millions de dollars ?

On vous rappelle l'histoire de ce tableau qui date de 1881.

"C'est un tableau qui réapparaît sur le marché, pour nous c'est un vrai événement", a déclaré à l'AFP Aurélie Vandevoorde, directrice du département Art Impressionniste et Moderne de Sotheby’s France. Ce tableau est une œuvre inédite à plusieurs égards. D’une part, il symbolise l’époque où Paul Gauguin prend véritablement la décision de devenir peintre alors qu’il était agent de change. Il se rend très souvent à Pontoise dans le nord-ouest de Paris, afin de rendre visite à Camille Pissarro, qu’il considéra comme son maître. D’une autre part, cette œuvre est à double visages, en la retournant on découvre un trésor caché, deux esquisses, qui pourraient être les premiers autoportraits de Gauguin, dans lesquels on retrouve déjà la vivacité du trait des autoportraits peints dix ans plus tard.

© tous droits réservés

Ce tableau est un bel hommage à Camille Pissaro présenté sous une ombrelle au premier plan, où il avait l’habitude de peindre avec son chevalet, avec au fond, le jardin du peintre et sa maison. Cette oeuvre baptisée "Le Jardin de Pissarro, Quai du Pothuis" est restée dans la même famille depuis les années 1920 et n’a été exposée qu’à Pont-Aven, en Bretagne, en France, en 1964 et au Cleveland Museum of Art dans le cadre d'une exposition sur le jardin (Painting the modern garden : Monet to Matisse, 2015-2016) dans l'Ohio, aux États-Unis. Le témoignage d’une grande amitié entre les deux peintres, où l’on peut déjà apercevoir l’influence que le maître aura sur son élève, qui se détache de plus en plus de la technique impressionniste, en témoigne les autoportraits du verso, aux regards perçants qui traduisent une modernité. La complicité entre les deux hommes se lit par ailleurs dans un dessin à quatre mains de 1880, conservé au musée d’Orsay, qui représente un portrait de Gauguin fait par Pissarro mêlé à celui de Pissarro par Gauguin. Une fusion qui rappelle la jeunesse de Gauguin et annonce le trait de l’artiste quelques années plus tard.


Vous aimerez aussi…

Arinze Stanley Fruits of Labour 2022 © Arinze Stanley (1)
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition Simulacres, nouvelle vérité des images aux Magasins Généraux

Magasins Généraux
Jusqu’au 27 septembre 2026

Les Magasins Généraux présentent SIMULACRES, une exposition consacrée aux nouvelles perceptions du réel.

Paul Cezanne, Montagne Sainte-Victoire with Large Pine, vers 1887, huile sur toile, The Courtauld Institute of Art, Londres © Courtauld
  • Incontournable

Cezanne et nous, l'exposition au Grand Palais

Le Grand Palais
Du 23 septembre 2026 jusqu'au 17 janvier 2027

Le Grand Palais consacre une exposition exceptionnelle à Paul Cézanne, figure majeure de la peinture moderne et source d’inspiration pour des générations d’artistes.

Musée du Louvre DSCO Portrait Kader Attia
  • Insolite
  • Contemporain

Les hôtes du Louvre, Kader Attia et Elizabeth Peyton : l'exposition sur leur résidence inédite au Musée du Louvre

MUSÉE DU LOUVRE
Du 24 septembre au 14 décembre 2026

Le Louvre invite les artistes à reprendre leurs quartiers.

bernhard_hoetger_modelant_vers_1940
  • Actu
  • Sculpture

Camille Claudel & Bernhard Hoetger : l'exposition de 1905

Musée Camille Claudel
Du 12 septembre 2026 au 10 janvier 2027

Le musée Camille Claudel revient sur un moment de l’histoire de la sculpture : la rencontre en 1905 de Camille Claudel et Bernhard Hoetger.