Ernst Haas, la couleur visionnaire

Les Douches la Galerie
Du 6 septembre au 9 novembre 2019

 

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En 1949, après une carrière de photojournaliste de guerre dans laquelle il rencontre un certain succès, le jeune photographe autrichien-américain Ernst Haas voyage dans le désert du Mexique. C’est une révélation : il y réalisera ses premières photographies en couleur.

Des années de recherche s’ensuivent, et c’est une vie d’expérimentation sans fin pour l’artiste, qui éclipse son travail en noir et blanc. Une année à peine après son intégration, guidée par Robert Capa, à la coopérative de photographes Magnum, il travaille pour les plus grandes rédactions, comme Vogue, Esquire ou Look. En 1952, c’est le légendaire magazine Life qui lui demande de travailler au premier portfolio en couleur réalisé sur la ville de New-York. Extrêmement difficile à travailler, elle demandait un véritable travail d’orfèvre que Haas maîtrisait comme personne. Ces expérimentations sont encore incomprises à son époque par les photographes professionnels, et la couleur n’entrait pas au musée. Pourtant, il présente en 1962 au MoMA une exposition au titre explicite : Color Photography.

Sans doute son indépendance et sa liberté d’esprit ont été façonnées par sa trajectoire personnelle difficile, d’enfant juif d’europe de l’est traversant la seconde guerre mondiale jusqu’à l’adulte audacieux vivant son rêve américain. Si on l’a injustement oublié avec le temps, le précurseur de la photo couleur fut un véritable modèle pour toute une génération d’aspirants photographes des années 1960 et 1970. De plus en plus expérimentale, son oeuvre touche souvent à l’abstraction, et on admire le jeu de transparences, reflets, flous et cadrages dans une quarantaine de tirages, pour la plupart inédits.

Cette singularité lui assure une intemporalité qui ne vous laissera pas indifférent : charmé par l’artisanat de la méthode, troublé par une telle modernité, nul n’en reste indifférent.

Discover the work of the color photography pioneer : Ernst Haas’s delicate and complex art is still incredibly modern.


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