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Boris Godounov, la première création d'Ivo Van Hove à l'Opéra Bastille, en ligne gratuitement !

Opéra de Paris
Disponible en replay jusqu'au 31 mai 2020

  • Boris Godounov / Ivo van Hove
  • Boris Godounov / Ivo van Hove

 

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Un enfant vêtu d'un pull rouge joue au ballon, sans lâcher aucun mot, avant de disparaître. C'est sur cette scène en apparence innocente que s'ouvre  le drame historique Boris Godounov, de Modeste Petrovitch Moussorgski, d'après Pouchkine, un spectacle emblématique du répertoire russe qui aurait dû être présenté ce mois-ci à l'Opéra Bastille et qui est disponible en ligne gratuitement jusqu'au dimanche 31 mai.

Ivo Van Hove, un habitué des fresques politiques, à la Comédie Française notamment, signe ici sa première mise en scène pour l’Opéra de Paris et choisit d'adapter la version originale de 1869, en sept tableaux, et non la version de 1872, la plus connue. Le pari est relevé avec brio : dans un décor presque dépouillé, symbolisant la solitude du personnage de Boris, un tsar usurpateur accusé d'avoir assassiné l'héritier légitime du trône de Russie Dimitri, Yvo Van Hove nous plonge dans une ambiance Shakespearienne. Dimitri est symbolisé par ce fameux enfant au pull-rouge qui apparaît dès le premier tableau et dont le spectre viendra hanter le tsar. Seuls un escalier rouge, symbole des jeux de pouvoir et un écran géant qui reflète les personnages présents sur scène, agissant comme une loupe en grossissant leurs visages et leurs actions, composent ce décor d'une extrême sobriété. L'écran montre même les émotions cachées ressenties par les personnages : il renvoie l'image d'un tsar au visage ensanglanté, se tordant les mains de douleur, à la fin de la pièce.

La force de la mise en scène de Van Hove réside aussi dans l'incursion dans la psychologie du tsar, aux prises avec le peuple qui attend tout de lui mais aussi et surtout avec lui-même. Il ne cesse de montrer un esprit tourmenté : "Moi père malheureux, dès que quelqu'un meurt on m'accuse d'être l'assassin", se lamente-t-il, suscitant presque notre pitié.



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