L'exposition Anticorps réinvente le vivre-ensemble au palais de Tokyo

Palais de Tokyo
Jusqu'au 15 mars 2021

  • Josèfa Ntjam & Sean Hart, Mélas de Saturne, 2020
  • Kate Cooper, Freedom of Movement
  • Tala Madani, Ghost sitter (blue chair)

 

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Chaque individu appréhende l’environnement à travers son corps, délimitant sa surface par les caresses d’une main, les murmures d’une voix ou les battements d’un cœur. En cela, il se fait corps perçu et corps percevant, en lien perpétuel avec le monde qui l’entoure et le constitue comme un être perméable. Cette grande vulnérabilité le pousse sans cesse à se protéger, des couches de vêtements aux fameux « gestes barrières ». Thématique férocement actuelle en cette époque où se masquer auprès des autres redéfinit nécessairement notre capacité à faire corps ensemble.

Autour des œuvres récentes de 21 artistes contemporains, l’exposition cherche à penser à travers les peaux, définissant avant tout le corps comme un réseau affectif et haptique, ce sens du toucher dénué de contact physique. Dans cette nouvelle ère de l’« anticorps », les quatre espaces de l’exposition vous feront entrer en immersion dans un grand foyer in vitro, introduit par les paysages sonores de Dominique Petitgand mettant les sens en alerte, les corps hybrides de Josèfa Ntjam réinventant de nouvelles formes de vie ou les êtres fantomatiques de Tala Madani questionnant l’idée d’une enveloppe corporelle. Un lien poreux entre les œuvres et le public qui fait réfléchir à de nouvelles façons d’habiter le monde.