Plongez dans les lumières abyssales d'Iván Navarro à l'exposition du CentQuatre
Le CentQuatre Du 9 janvier au 28 février 2021
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L’effet est toujours admirable. On se sent curieusement captivé par ces longs tunnels où se répètent infiniment des centaines de néons multicolores. Les lumières hypnotisent à la manière des œuvres de Dan Flavin, mais d’une toute autre intensité, plus brute, plus menaçante, comme la puissance magnétique d’un immense trou noir.
Né à Santiago en 1972, Iván Navarro se plait à détourner l’esthétique minimaliste des années 70 pour en subvertir les codes. Cet artiste chilien, qui grandit sous la dictature de Pinochet, interroge ainsi les mécanismes de pouvoir et d’enfermement à travers des jeux de lumière et d’optique. Dans une constellation de vidéos, sculptures et créations sonores, les néons se confondent en de multiples corps célestes dans une galaxie sans nom. Pour Navarro : « Les étoiles guident et accompagnent les hommes dans ses questionnements depuis la nuit des temps ». Ce voyage métaphysique dans les profondeurs fait resurgir les thématiques de la mémoire, de l’identité et de l’exil. Dans l’obscurité de l’espace, face à l’éblouissement des œuvres, on se sent pris dans nos propres contradictions, entre le visible et l’invisible, entre l’attrait et le retrait. Des abysses qui renvoient à une profonde angoisse de perdre toute individualité face à un pouvoir oppressant.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Du 27 janvier au 5 avril 2026 BnF - Site François Mitterrand
C’est une histoire d’amour qui n’a jamais pris fin. Celle d’une femme vêtue de noir, silhouette longiligne, regard de braise et voix de velours, qui chantait la fragilité comme on respire. Près de trente ans après sa disparition, Barbara revient sur scène – ou presque.
Il y a chez Shirley Jaffe une manière unique de faire vibrer la surface. Des formes nettes, tranchées, presque découpées, qui semblent flotter dans un espace blanc devenu champ actif. La Galerie Nathalie Obadia rend hommage à l’artiste américaine dix ans après sa disparition à travers douze peintures couvrant plus de cinquante ans de création.
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