Le corps de Mari Katayama est à l'œuvre dans la nouvelle exposition de la MEP

Maison Européenne de la Photographie
Prochainement

  • Mari Katayama, Shadow Puppet #014, 2016
  • Mari Katayama, On the way Home #005, 2017
  • Mari Katayama, Shell, 2016
  • Mari Katayama, Bystander #016, 2016
  • Mari Katayama, In the Water #001, 2019

 

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Face aux canoniques corps élancés, proportionnés, idéalisés, comment un physique marqué par le handicap peut-il s’approprier de nouvelles images qui ne soient pas discriminantes ? C’est tout le travail de la plasticienne Mari Katayama qui a mis en scène ses malformations dans des autoportraits tantôt sensuels, tantôt fantasmagoriques. Atteinte d’une maladie congénitale rare, cette artiste japonaise a dû se faire amputer une partie de ses deux jambes à l’âge de neuf ans. Elle s’initie alors très jeune à la couture avec sa grand-mère pour confectionner des habits adaptés à sa silhouette augmentée de prothèses. Isolée des autres enfants, la jeune fille s’amuse à broder des oreillers anthropomorphiques, incrustés de dentelle, de coquillages, de cheveux et de cristaux, puis orne ses jambes métalliques de dessins et de tissus amples. Petit à petit, elle prend possession de ses membres fantômes, les met en scène et transforme son corps en un véritable objet d’expérimentation.

A travers une sélection d’œuvres réalisées depuis 2009 et présentées à la dernière Biennale de Venise, cette exposition dévoile le travail hors-norme de cette plasticienne et performeuse qui allie sculpture, couture et photographie. On y découvre une série d’autoportraits dans lesquels Mari Katayama pose en sous-vêtements au milieu de poupées grandeur nature et d’extravagants mannequins décorés. Dans certaines images, l’artiste se plaît à coudre des bras, des mains et des jambes, comme de multiples extensions qui prolongent son corps. Exposée pour la première fois en Europe, sa série photographique « In the Water » dévoile la blancheur de ses jambes, saupoudrées de paillettes dorées, dans des portraits en grands formats. En interrogeant la notion du naturel et de l’endommagé, l’artiste cherche ainsi à remettre en cause nos idéaux de beauté et à penser une autre relation au corps.

  • Mari Katayama, Bystander #016, 2016

 

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Focus sur… Bystander #016, 2016

Dans cette série réalisée pour la première fois en extérieur, Mari Katayama s’échoue sur une plage en s’entourant de formes anthropomorphiques brodées. En confrontant le milieu naturel à son corps amputé, elle se présente comme une femme tentaculaire remettant en cause nos représentations conventionnelles de l’anatomie humaine. Située sur l’île de Nahoshima, fortement polluée par des détritus industriels, l’artiste choisit de se mettre en scène dans un paysage contaminé, transformé mais profondément vivant, tout comme son corps déformé à cause de la maladie.

  • Mari Katayama, In the Water #001, 2019

 

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Focus sur… In the Water #001, 2019

Dans cette série, une succession de plans rapprochés sur ses membres amputés dévoile de multiples formes qui semblent danser. Sur le fond bleu de l’eau, ces grands formats se focalisent sur ses jambes éclatantes de blancheur, illuminés par de la poudre pailletée. Les malformations ne sont pas dissimulées ou laissées en second plan, mais trônent au contraire comme de précieux trésors. Le corps fragmenté n’est désormais plus réduit à ses schémas traditionnels et perd en cela son infirmité. Sublimé par cette série de portraits, il se réinvente dans ces imposantes images abstraites aux allures féériques.


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