Ouverture de la Bourse du Commerce : le pari de Paris pour la collection Pinault

Bourse de commerce – Collection Pinault
Ouverture le 23 janvier 2021

  • Collection François Pinault
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Il fallait bien un écrin prestigieux pour accueillir la collection Pinault à Paris. Après le Palais Grassi et la Punta della Dogana de Venise, c’est la Bourse du Commerce qui ouvrira ses portes pour exposer certaines de ces dix mille œuvres. Sept galeries, un auditorium, la rotonde inondée par la lumière jaillissant des verrières monumentales, auxquels s’ajoutent un salon, une salle des machines et un restaurant que l’on imagine déjà panoramique : voilà le projet architectural colossal qui aura nécessité plus de trois ans de travaux. C’est à Tadao Ando que fut confiée la restauration de ce qui fut la halle au blé de Paris de 1763 à 1873, avant d’investir ses fonctions financières et administratives jusqu’en 2016, date du rachat de l’édifice par François Pinault pour investir les lieux de cette nouvelle vocation artistique. Coïncidence ? Le monument fut en effet salué dès sa construction comme chef d’œuvre architectural, que les observateurs de l’époque n’hésitaient pas à comparer au dôme de la basilique Saint-Pierre de Rome. Serait-ce aussi un hasard si l’architecte japonais souligne que l’immense cylindre de béton armé qui s’élève au cœur de la structure « relie la terre et le ciel, [et] transcende ainsi la Bourse de Commerce et l’ancre au cœur de la ville. » ? C’est que le monument fit, dès sa construction, la gloire de Paris. Ses plans témoignent effectivement de l’apport de chaque époque. Les ajouts séculaires sont l’héritage laudatif de ce qui fit la gloire de notre patrimoine, depuis la colonne de l’ancien hôtel de Soissons, érigée pour Catherine de Médicis au XVIe siècle jusqu’à la verrière posée en 1838 et aux 1400 m2 de toiles peintes qui ornent la coupole depuis 1889. Le pari de concilier tradition et modernité, s’il est audacieux, soutient du moins la promesse de devenir un haut lieu de création contemporaine. Quant à ce qui sera présenté, le mystère reste entier et il faudra attendre jusqu’à son inauguration. On nous annonce toutefois une exposition qui rendra très certainement hommage aux lignes de force de la collection : qui, du minimalisme américain, de l’avant-garde française des années 1960 ou de l’arte povera italien, inaugurera le musée d’art contemporain ?

« En hommage à la mémoire de la ville, gravée dans les murs de la Bourse de Commerce, j’ai créé un nouvel espace qui s’emboîte à l’intérieur de l'existant pour revitaliser l’ensemble du volume qui sera dédié à l’art contemporain. L'architecture comme trait d’union entre le passé, le présent et le futur. » Tadao Ando

Le saviez-vous ?

Le décor peint en 1889 qui orne la coupole traite du commerce français et de son expansion dans le monde entier. Son but politique est explicite : asseoir la puissance économique de l’Etat, alors que Paris s'apprête à recevoir l’Exposition Universelle la même année et que les deux monuments présentés par la France ne sont autres que la Tour Eiffel et la Bourse de Commerce.