Cécile Hartmann, Le serpent noir exposée à la MABA

MABA - Fondation des artistes
Du 19 mai au 18 juillet 2021

 

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Selon une ancienne prophétie amérindienne : « Viendra un serpent noir qui envoûtera les hommes et dévorera la terre ». En s’inspirant de cette métaphore, la plasticienne Cécile Hartmann s’est décidée à filmer la trajectoire du pipeline Keystone, un géant oléoduc qui transporte quotidiennement plus de 700 000 barils de pétrole depuis l’Alberta jusqu’à l’Illinois, souillant sur son passage les réserves d’eau potable et les sépultures ancestrales des Indiens d’Amérique du Nord. Habituée à étudier un monde contemporain en perpétuel métamorphose, l’artiste mêle esthétique minimaliste et engagement politique en se concentrant sur des lieux de tension. Après avoir filmé les buildings de Dubaï et la reconstruction d’Hiroshima, Hartmann part à la recherche d’images qui témoignent des cycles de destruction et de création traversant les architectures et les paysages.

Avec son film Le Serpent Noir (2020), elle mêle photographies, sculptures, wall-painting et sérigraphies pour garder en mémoire les nombreuses luttes du peuple Sioux pour protéger ses terres. Le documentaire dévoile des paysages fragmentés et épuisés, comme la trace d’événements latents qui réapparaissent à la surface. En enchevêtrant divers espaces et temporalités, diverses archives et projections mentales, les œuvres textuelles, filmiques et sonores présentées dans l’exposition deviennent les véritables témoins de cette violence passée sous silence. Des visions panoramiques de paysages naturels, on plonge soudain dans des images prises au plus près du sol, dévoilant différentes strates argileuses comme les multiples couches de la mémoire. Par son travail protéiforme, Cécile Hartmann se veut autant archéologue d’un présent dévasté que prophète d’une renaissance prochaine, et nous invite ainsi à penser les tensions géopolitiques et écologiques d’un lieu chargé d’histoire.

Le saviez-vous ?

Le travail de Cécile Hartmann met en lumière le soulèvement de milliers d’Indiens d’Amérique du Nord dans la réserve sioux de Standing Rock en 2014. Opposés à la construction du pipeline Keystone sur leur territoire, ils ont pu se faire entendre par le président Obama, qui a abandonné le projet, jusqu’à ce qu’il soit relancé par Donald Trump en janvier 2017. Aujourd’hui, c’est plus de 3000 kilomètres de tronçons qui sillonnent le nord-est des Etats-Unis.

 

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