Exposition Michael Schmidt, une autre photographie allemande au Jeu de Paume

Jeu de Paume
Du 11 mai au 29 août 2021

  • Michael Schmidt, Sans titre, série Berlin-Kreuzberg, vues urbaines, 1981-1982
  • Michael Schmidt, Berlin Wedding, 1976-1978
  • Michael Schmidt, Lebensmittel, 2006-2010
  • Michael Schmidt, Sans titre (cessez le feu), 1985-1987
  •  Michael Schmidt, Sans titre (cessez-le-feu), 1985-1987
  • Michael Schmidt, Sans titre, 1969-1973
  •  Michael Schmidt, Sans titre, 1981-1982
  •  Michael Schmidt, Sans titre, 1981-1982
  •  Michael Schmidt, Sans titre, 1985-1987
  •  Michael Schmidt, Sans titre, 1989-1991
  • Michael Schmidt, Sans titre, 1997-1999
  •  Michael Schmidt, Utrechter Straße Malplaquetstraße, 1976-1978

 

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Les photographies de Michael Schmidt ont cette particularité de restituer une époque en pleine recherche identitaire. Bouleversée par l’après-guerre et la menace latente de la guerre froide, comme par la reconstruction économique et culturelle dans le cadre du plan Marshall, l’Allemagne dans laquelle grandit le photographe est au tournant de son Histoire. Au cœur de cette civilisation brinquebalante : la capitale, divisée par un mur qui s’érige entre deux mondes. C’est là, dans ce Berlin-Ouest en pleine mutation, que Michael Schmidt forge son regard et son objectif. « J’ai toujours eu pour devise : commencer par résoudre les problèmes qui se posent devant ma porte pour pouvoir comprendre le reste ensuite » écrit-il. Il porta l’élan d’une autre photographie allemande, renouvelant les réflexions menées par ses contemporains de l'école de Düsseldorf initiée par Bernd et Hilla Becher qui prônent l’objectivité documentaire de la photographie. Si Michael Schmidt renonce à « l’instant décisif » de Cartier-Bresson, il dépasse cependant la volonté des Becher dans ses séries de clichés consacrées à Kreuzberg et Wedding, deux arrondissements de le ville, qui se déploient au-delà de la description photographique. Sans mettre en scène, ses tirages transcendent la réalité qu’il fige, dans ses cadrages qui ne sont jamais clos, mais toujours ouverts vers un insaisissable ailleurs comme dans sa série Waffenruhe (« Cessez-le-feu », 1987) développée avec le dramaturge Einar Schleef. Portraits hors du temps de ces visages dont les rides sont autant de cicatrices laissées par la vie ; intérieurs bourgeois aux meubles en teck et canapées de velours, architecture d’après-guerre et jeunesse allemande des années 1980 : le Jeu de Paume nous offre pour sa grande réouverture le témoignage brut et touchant que nous légua ce grand nom de la photographie allemande.


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