Un alpiniste saccage des vestiges précolombiens vieux de 700 ans

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  • Dégradation marques précolombiennes

 

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C'est une histoire folle ! Lorsqu'il escalade une des parois du parc national des Arches, dans l'Utah, Darrin Reay peine à en croire ses yeux. Venu inspecter le Sunshine Wall, près de la ville de Moab, l'une des dalles historiques de la région, le grimpeur chevronné découvre au milieu des marques précolombiennes séculaires un circuit balisé de pitons métalliques encastrés dans la roche.

Ces ancrages disposés tout le long de la vingtaine de mètres de la dalle, sans la moindre attention pour l'art rupestre préexistant, l'affectent profondément. Darrin Reay enrage d'autant plus que, non content de porter atteinte à un site d'une grande importance historique et culturelle, la pente à escalader, cotée de niveau 5, ne pose aucun problème à tout sportif confirmé.

Le coupable ? Richard Gilbert, un grimpeur de l'Utah, a planté de nombreux pitons sur une paroi recouverte de pétroglyphes de la culture Fremont, qui occupait l'État américain entre l'an 0 et le XIVe siècle. Il a reconnu avoir fait une erreur et s'est excusé pour les dégâts qu'il a causés à ces vestiges précieux.

Menacé de mort sur les réseaux sociaux, le grimpeur et avoue avoir confondu des gravures amérindiennes vieilles de plusieurs siècles avec de simples graffitis. Il risque jusqu'à un an de prison et une amende de 20.000 dollars.

Décrochés de la roche le jour même de leur découverte, ces quelques pitons laisseront malgré tout derrière eux des traces irrémédiables sur la paroi gravée par les Amérindiens de la culture Fremont, qui habitaient les terres arides de l'Utah entre le Ier et le XIVe siècle de notre ère.

La pandémie, qui conduit de nombreuses personnes à se tourner vers des activités en extérieur, a en effet fait augmenter ce genre de dégradations. Voilà une preuve supplémentaire que le patrimoine archéologique, ici celui de la culture Fremont, une civilisation précolombienne qui doit son nom à l’explorateur et abolitionniste étasunien John Charles Frémont (1813-1890), a besoin d’une protection renforcée en ces temps particuliers.