Le réel semble plus merveilleux avec l'exposition Giacometti du Grimaldi Forum

Grimaldi Forum
Du 3 juillet au 29 août 2021

 

11

L’homme qui marche : c’est certainement l’œuvre la plus connue et la plus commentée d’Alberto Giacometti, une icône de l’art du XXe siècle qui incarne la quête perpétuelle de l’essence de l’être humain. Derrière cette représentation emblématique de l’existence humaine, il y a la vie d’un homme né dans une famille d’artistes, il y a un créateur aux multiples facettes, il y a une œuvre foisonnante faite de rencontres, de détours, de tentatives et d’expérimentations. Avec cette grande rétrospective consacrée à l’œuvre d’Alberto Giacometti, peut-être la plus importante de ces dernières années, le Grimaldi Forum convie le visiteur à un voyage traversant toutes les périodes de la vie du peintre-sculpteur et placé sous le signe de l’émerveillement : de ses premières œuvres de jeunesse à sa période surréaliste, du retour à la figuration aux visions d’après-guerre, l’exposition offrira une vue complète de son œuvre et des supports que Giacometti a pratiqués (sculptures, peintures, dessins, estampes, etc.). Dans ce parcours déployant près de 230 œuvres, accompagnées de photographies, se dévoilent progressivement la personnalité de l’artiste et sa perception du réel à travers sa relation aux choses. On y découvre un homme en pleine réflexion, constamment émerveillé par ce qu’il voit autour de lui, des arts premiers aux objets utilitaires, des paysages suisses de son enfance aux visages de ses proches. Le parcours de l’exposition nous plonge dans l’intimité de Giacometti, transmettant, à travers la scénographie, l’esprit de son atelier, ce réservoir de formes qui constitue alors une sorte d’extension spatiale de son art. On y découvre son rapport à la solitude, au modèle, au fragment, à la représentation du corps. L’exposition brosse ainsi le portrait d’un artiste qui n’a jamais cherché à créer des formes pour le seul plaisir de voir, mais bien plutôt afin de se ressaisir de son propre rapport au monde.

Focus sur...

 

1

Le nez, 1947

La question du fragment obsède Giacometti : comment la représentation d’une partie – une tête, un visage, des yeux – peut-elle refléter l’existence du tout ? Cette tête flottant dans le vide, au nez très allongé, lui vient d’une vision cauchemardesque qui lui rappelle le souvenir traumatique de sa rencontre morbide, en 1921, avec un certain Pieter van Meurs. Assistant alors à sa mort, Giacometti se souvient d’avoir été attiré par son nez, qui semblait s’étirer indéfiniment tandis que la vie quittait son corps. La sculpture semble ici sortir de son cadre et envahir l’espace du spectateur, comme le souvenir de l’expérience même de Giacometti face à la mort.

GRIMALDI FORUM
Du 3 juillet au 29 août 2021
10 avenue Princesse Grace,
98000 Monaco


Vous aimerez aussi…

Château d'Auvers Beaux-Arts Mag©DR
  • Incontournable
  • Classique

Van Gogh influenceur au Château d’Auvers-sur-Oise

CHÂTEAU D’AUVERS-SUR-OISE
Du 18 avril 2026 au 3 janvier 2027

Le Château d’Auvers-sur-Oise explore l’influence de Van Gogh, de ses sources artistiques aux artistes modernes et contemporains.

4_Sabah el Nour_Sans titre01
  • Découverte
  • Incontournable

L'Egypte se transforme au Musée de Picardie

Musée de Picardie
Du 11 avril 2026 au 3 janvier 2027

Égypte éternelle au Musée de Picardie : objets restaurés, trésors sortis des réserves et nouvelle lecture de la civilisation égyptienne.

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.

FSRG1027_HD - photo © Gregory Copitet
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Milan 1966, Ettore Sottsass & Andy Warhol, à la Galerie Mitterand

GALERIE MITTERRAND
Jusqu’au 9 mai 2026

Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.