La vente d'un Léonard de Vinci refusée, Roselyne Bachelot assignée en référé

  • Etude pour un Saint Sébastien dans un paysage
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C'est le scandale de la semaine ! Authentifié et estimé à 15 millions d'euros, un dessin du maître florentin s'est retrouvé au cœur d'un litige entre un particulier, une maison de vente et les pouvoirs publics. Son propriétaire souhaite le vendre à l'étranger mais le ministère refuse de délivrer un certificat d'exportation. On vous explique tout !

David contre Goliath

Souvenez-vous, il y a quelque temps de cela, un minuscule dessin représentant une tête d’ours avait été vendu pour 8,8 millions d’euros, de quoi donner la folie des grandeurs aux quelques propriétaires d'un Léonard de Vinci. L'heureux Français titulaire du dessin à l'encre brune Étude pour un saint Sébastien dans un paysage espère bien vendre son œuvre plus cher encore. Et à l'étranger, il ne manque pas d'acquéreurs ! Mais tout n'est pas si simple. Classé trésor national par l'État dans le plus grand des secrets - laissant trente mois au ministère de la Culture pour l’acquérir au bénéfice du musée du Louvre - ce dessin est aujourd'hui soumis à un certificat d'exportation, délivré par ce même ministère. Ce dernier ayant fait une offre à 10 millions - aussitôt rejetée par le propriétaire -  il n'a pas, à ce jour, délivré de certificat d'exportation pour permettre la vente à l'étranger, en arguant notamment que le dessin, à l'origine trouble, pourrait en fait avoir été volé et qu'une plainte en ce sens a été déposée. Le propriétaire a alors assigné en référé la ministre de la Culture Roselyne Bachelot.

Dans un vieux carton pendant 57 ans

Son propriétaire, un médecin généraliste à la retraite aujourd'hui octogénaire, l’avait reçu en cadeau de son père en 1959, au milieu d’une douzaine d’autres dessins et gravures, pour avoir réussi le concours de l’externat des hôpitaux de Paris. Mais le jeune homme, plus amateur de rock que de beaux-arts, avait relégué le dessin dans un vieux carton. Jusqu’à son dernier déménagement en 2016, où il se décide à confier le précieux papier à une maison de ventes pour expertise...

La maison de vente veut sa part du gâteau

Ce n'est pas terminé ! Parallèlement, le propriétaire s'est retrouvé en conflit avec sa maison de ventes. Après avoir lu l'article d'un grand quotidien qui annonçait que la maison de ventes avait décidé de mettre le dessin aux enchères avant que le délai de trente mois n’expire, sans le consulter et selon le journal en accord avec le Louvre, il a décidé de révoquer le mandat - le fait de confier l'œuvre à une maison de ventes - qu’il lui avait accordé. Alors que l'établissement lui réclame 2 millions d'euros au titre de cette décision et des frais occasionnés - dont l'expertise - le propriétaire l'a citée à comparaître devant le tribunal correctionnel, l'accusant de "chantage", "abus de confiance" et "tentative d'extorsion".

Affaire, encore une fois, à suivre !