L'Italie dit stop aux ventes en NFT de ses chefs-d'œuvre patrimoniaux

 

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Le far west des non-fungible tokens (NFT), c’est fini en Italie ! L’état transalpin a décidé de geler tout nouveau contrat de vente.

Petit rappel pour ceux qui n’ont toujours pas compris ce que c’est les NFTs : ce sont des objets numériques, le plus souvent des images, associées à un certificat assurant leur authenticité et leur unicité. Un NFT n’a qu’un seul possesseur et ne peut pas être reproduit ou copié, contrairement aux autres images numériques.

Le marché des NFTs s’est emballé et s’est fait connaître du grand public à un moment où le numérique devenait notre principal accès à l’art et la culture. En pleine crise du COVID, en 2021, alors que les musées européens perdent jusqu’à 80 % de leurs revenus, l’Italie autorise ses musées à s’associer avec des compagnies privées pour créer des NFTs, et ainsi tenter de trouver une nouvelle opportunité financière en cette période trouble pour le secteur. Les Galeries des Offices, qui possèdent les lieux et les œuvres italiennes les plus célèbres à Florence, s’associent alors avec l’entreprise spécialisée Cinello.

Mais cette association se révèle infructueuse, ou tout du moins décevante : un des principaux partenariats réalisés concerne la vente en NFT de Tondo Doni, un tableau circulaire de Michel Ange représentant la Sainte Famille. La version numérique de l'œuvre fut vendue virtuellement pour 240 000 euros, mais parmi ceux-ci, 100 000 ont été dépensés en « coût de production » et le reste fut divisé entre Cinello et les Offices, qui n’ont perçu que 70 000 euros. Un résultat décevant pour ce chef-d’œuvre du patrimoine italien, ce qui a poussé l’état  à revenir sur sa décision.

Un autre élément vient peser dans la balance, un article de La Repubblica, second journal le plus vendu en Italie : en mai 2022, il publie un article qui fait grand bruit, se demandant quel contrôle les institutions italiennes conservent-elles sur les œuvres cédées en NFT, tel le Portrait d’un musicien de Léonard de Vinci ou La tête d’une jeune fille de Modigliani. Si les contrats signés entre les musées et Cinello précise les limites de diffusion, l’inquiétude monte quant à la gestion de ces versions numériques des œuvres.

L’Italie va-t-elle bannir les NFTs ? Rien n’est moins sûr, car le tourisme a beau faire son retour dans les grands lieux culturels, et le marché des NFT battre de l’aile, les Galeries des Offices ont signé un contrat de 5 ans pour 40 NFts, alors que l’état italien a tout simplement ordonné de s’abstenir de signer de nouveaux contrats.

Le marché des NFTs peut s’avérer un vrai succès dans certains cas : le Belvédère de Viennes a ainsi récolté 4,5 millions d’euros en vendant 10 000 reproductions NFTs du Baiser de Klimt. Le Musée des Beaux-Arts de Boston, le British Museum londonien ou le Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, tous ont fait le pari des NFT. À voir s’il sera gagnant, ou non.


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