Exposition Héroïnes romantiques au Musée de la Vie Romantique : l'art au féminin dévoilé

Musée de la Vie Romantique
Du 6 avril au 4 septembre 2022

 

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Le Romantisme serait-il finalement un mouvement exclusivement féminin ? Nous voilà tentés par cette délicieuse hypothèse, un brin provocante, à la vue de ces innombrables chefs-d’œuvre. Ici les noms des plus grands peintres et sculpteurs du début du XIXe siècle défilent (Eugène Delacroix, Théodore Chassériau, Antoine-Jean Gros, etc.) balisant un monde artistique gouverné par les hommes. Et pourtant la femme y est omniprésente. Dans les courbes d’un paysage, dans la douceur d’un halo de lumière, dans la figuration de grandes héroïnes telles que Sappho, Juliette, Ophélie ou encore Atala... des femmes dont les récits dramatiques, ancrés dans l’imaginaire collectif de l’époque, nourrissent les fantasmes d’artistes romantiques qui s’emparent immédiatement du mythe. Coincée dans une série de clichés rivalisant de pureté, la figure féminine héroïque, beauté diaphane à la fragilité déconcertante – apparaissant le plus souvent dénudée, déchirée par un amour impossible mais résignée face à un destin inéluctable – déchaîne les passions. Peintres, sculpteurs, écrivains et compositeurs se saisissent de ce modèle aux accents tragiques, source inépuisable d’une iconographie nouvelle. L’exposition, riche d’une centaine de chefs-d’œuvre mêlant littérature et Beaux-Arts, consacre ainsi successivement les héroïnes du passé, les héroïnes de fiction et les héroïnes en scène. Au cœur de ce formidable récit, les artistes femmes attirent toute la lumière sur elles, brillant autant par leur virtuosité que par leur sens inouï de la composition. S’attardant sur les personnages féminins de Madame de Staël, George Sand, Marie d’Orléans et Félicie de Fauveau, le Musée de la Vie Romantique rend ainsi hommage à l’héroïne romantique dans toute sa complexité, vision poétique et chimérique d’une muse désenchantée.

 

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Le saviez-vous ?
Parmi les nombreuses héroïnes romantiques, Cléopâtre fait figure de modèle absolu. Son suicide nourrit l’imaginaire de centaines d’interprétations artistiques au fil des siècles. Érotique chez Beccafumi, mélancolique chez Delacroix, violente chez Michel-Ange... Le peintre français Jean Gigoux, présenté dans l’exposition, brossera le portrait d’une Cléopâtre aux courbes voluptueuses et à la chevelure défaite, seule, inanimée dans une grotte. Sa peau, d’une blancheur éclatante, et son visage serein évoquent alors davantage une divinité inspirée de la mythologie grecque.

 

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Focus sur... Georges Sand - Auguste Charpentier, vers 1837
« Yeux noirs, cheveux noirs, front ordinaire, teint pâle, nez bien fait, menton rond, bouche moyenne. » C’est en ces termes que George Sand se décrit au détour de quelques lignes dans son Histoire de ma vie. Une description littérale loin de celles davantage élogieuses de ses contemporains. Une personnalité sulfureuse, héroïne romantique par excellence, célèbre aussi bien pour son tempérament de feu que ses innombrables conquêtes. Admirée pour l’éclat de ses yeux sombres, la femme de lettres charmait ses pairs sans effort, à commencer par l’auteur de son propre portrait ! Invité dans sa propriété de Nohant, Auguste Charpentier est immédiatement séduit par la romancière. Le peintre ira même jusqu’à confier dans sa correspondance qu’il s’agit de « la plus admirable tête que l’on puisse voir ». Ici, George Sand, le regard fixe et profond, affiche une assurance naturelle tandis que quelques fleurs fraîches rehaussent son teint d’ivoire et sa chevelure d’ébène. Le portrait restera durablement associé à son illustre modèle.

Tentez de gagner votre place pour cette exposition lors de notre événement La Grande cueillette de la culture le 3 juillet au Palais Royal. Plus d'informations sur l'association Culture and the City ici.

 

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