Mon dieu, une intelligence artificielle remporte un concours de photographie

 

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On n'est pas sorti de l'auberge avec les intelligences artificielles. La dernière nouvelle en date nous donnerait presque l'impression d’un film d’anticipation et certains médias nomment déjà cette affaire « Le début du cauchemar ». Mais qu’a-t-il pu bien se passer ?

L’histoire prend place aux Sony World Photography Awards 2023, un des concours de photographie les plus prestigieux aux États-Unis, dont le premier prix s’élève à 25 000 $. Le 16 avril, le jury a rendu son verdict, après avoir minutieusement étudié plus de 400 000 photographies. Minutieusement ? Pas si sûr. Une belle erreur s’est en effet glissée dans le classement, au sein de la catégorie « Création ». L’œuvre qui a remporté ce prix, et nous appuyons particulièrement sur le mot « œuvre », a été réalisée par un photographe allemand, un poil provocateur, un certain Boris Eldagsen. Intitulée L’Électricienne et tirée de la série Pseudomnésie, l’image représente au premier plan une jeune femme au regard lointain, hantée par plusieurs mains qui la touchent, ainsi qu’une seconde figure évocant un alter-ego plus âgé. L’atmosphère semble vaporeuse, comme un voile transpercé de plusieurs ondes électriques. Cette impression flottante d’étrangeté, ce sentiment d’irréel, est probablement la raison du succès de cette œuvre de Boris Eldagsen. Oui, mais voilà, si cette photographie se démarque par sa technique innovante, c’est parce qu’elle n’en est pas une.

Boris Eldagsen n’a jamais capturé à travers son objectif ces deux femmes. Il s’agit d’une image réalisée à 100% à l’aide d’une intelligence artificielle (IA). Point de manipulations lumineuses dans la chambre noire, le photographe allemand a simplement donné des indications à une IA afin d’obtenir le résultat désiré. L’artiste a ainsi berné les plus grands experts du monde entier... La clé du mystère était pourtant dans le titre de la série, puisque la pseudomnésie désigne une maladie de la mémoire, consistant à créer de faux souvenirs. L’artifice et la tromperie étaient ainsi au cœur de la démarche de Boris Eldagsen depuis le début : « Il s’agit de faux souvenirs du passé, qui n’ont jamais existé, que personne n’a photographiés », a-t-il déclaré. Le photographe a immédiatement révélé la supercherie, refusant le prix accordé par les Sony World Photography Awards. Un vrai coup de théâtre ! Si cette affaire provoque un frisson d’effroi dans le monde de la photographie, prouvant d’une certaine manière la supériorité de l’intelligence artificielle, on ne peut s’empêcher de saluer de génie de Boris Eldagsen, tout comme son sens du fair-play.

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