Île Flottante, l'exposition au Pavillon Carré de Baudoin
Pavillon Carré de Baudouin Du 23 novembre 2023 au 2 mars 2024
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Que vous évoque l’île flottante ? Pensez-vous à cet entremets aérien sur son lit de crème anglaise ou imaginez-vous un havre de paix perdu au milieu de l’océan ? Aurore Pallet, Émilie Benoist-Gironière et Emma Seneze ont fait le tour de la question pour concocter cette exposition délicieusement récréative qui se dévore en cinq chapitres. Pour réussir cette Île Flottante collective, les trois artistes ont néanmoins dû faire quelques infidélités à la recette originelle, usant d’artifices ou de subterfuges pour mieux nous tromper et remettre en perspective nos croyances édulcorées.
Couleurs acidulées, textures agglomérées, matériaux composites ou faussement comestibles : tous les moyens sont bons pour mobiliser nos souvenirs d’enfance liés à cette gourmandise en tout point régressive. Entre formes organiques et plaisirs coupables, l’exposition joue sur nos imaginaires, dévoilant ici de vastes installations immersives, un nid de tapisseries sur lequel s’allonger, des dessins monumentaux et des sculptures en décomposition. L’Île Flottante prend littéralement forme sous nos yeux : un archipel d’œuvres hétéroclites, d’îlots suspendus et de banquets volants qui vous mettront à coup sûr en appétit.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
À première vue, les tableaux de Danielle Orchard semblent presque simples : des femmes allongées, qui lisent, fument, se baignent ou dérivent dans une rêverie silencieuse. Des corps paisibles dans des intérieurs feutrés. Pourtant, sous cette quiétude apparente, quelque chose travaille la surface. La galerie Perrotin présente de nouvelles peintures qui approfondissent la recherche de l’artiste autour de la figure féminine et de l’histoire moderne de la peinture.
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