OBEY : nos images de l'exposition Swan Song de Shepard Fairey à la Galerie Itinerrance
Galerie Itinerrance Du 20 juin au 15 juillet 2024
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Le chant du cygne. Cette expression poétique désigne la plus belle et dernière chose réalisée par quelqu’un avant de mourir : elle repose sur l’ancienne croyance selon laquelle les cygnes, silencieux la majorité de leur vie, chantent une sublime chanson juste avant leur mort, dernier cri d’existence et de beauté déchirant l’air avant le silence permanent. Face au tumulte de menaces actuelles pour la liberté des êtres humains, des médias, pour la bienveillance face à ceux qui nous ressemblent moins, peu étonnant que Shepard Fairey, intitule sa dernière exposition Swan Song, tel un chant du cygne à la tragédie commune qui nous guette. Plus qu’un cri, le célèbre pionnier du street art livre un puissant appel collectif composé de peintures, de monogravures et d’estampes au style terriblement identifiable, portant l’espoir de nous faire changer de cap.
Dans un style fortement inspiré des iconographies constructivistes et art-déco, l'artiste dénonce, invite à la justice, à la compassion et à la protection de la nature dans une esthétique intense, rouge et bleue, qui rappelle la propagande américaine, ainsi que l'art de Barbara Krueger et d'Andy Warhol. Celui qui avait déjà changé le cours de choses en 2008, avec son célébrissime poster « Hope » de Barack Obama, devenu une image icône de la campagne présidentielle, nous rappelle à quel point l'art et les artistes peuvent influer sur le cours de l'Histoire.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.