Exposition Edi Dubien au Musée de la Chasse et de la Nature

Musée de la Chasse et de la Nature
Jusqu’au 17 août 2025

 

10

C’est une forêt intérieure, un espace de métamorphoses où l’ombre et la lumière se disputent le silence. Edi Dubien, autodidacte des marges, s’installe au Musée de la Chasse et de la Nature avec une exposition qui résonne comme un murmure et un cri à la fois. L’exposition ne raconte pas, elle enveloppe. L’enfance y côtoie l’animal, l’intime se fond dans le sauvage, et chaque œuvre devient un éclat de lumière dans une ombre plus vaste.

Le parcours débute avec des dessins d’une douceur trompeuse. Des enfants, leurs visages souvent baissés ou à peine esquissés, évoluent au milieu de  cerfs, de loups ou d’oiseaux. Ces compagnons silencieux semblent tout à la fois protecteurs et menaçants, comme des fragments d’un conte jamais écrit. Dubien ne cherche pas à raconter une histoire linéaire : il sème des indices, des émotions suspendues. Les regards, souvent absents, rappellent une attente, celle d’un monde à déchiffrer ou à fuir. L’effet est troublant.

À travers ses œuvres, il interroge : à quel point sommes-nous encore connectés à ce qui nous entoure ? Et que reste-t-il de nous, une fois les masques tombés ? La nature, chez Dubien, n’est jamais simplement là. Elle est une métaphore, un espace d’exploration d’une tendresse féroce sur lequel projeter nos failles et nos désirs. Ici, l’identité devient fluide, mouvante, insaisissable. On ne regarde pas ses œuvres : on les traverse.

 

15

Zoom sur…
Avec l’aquarelle, Edi Dubien laisse l’intime affleurer sans jamais l’enfermer. Ses touches fluides et translucides semblent hésiter entre apparition et effacement, conférant à ses œuvres une fragilité presque tactile. Les regards baissés ou esquissés de ses enfants se mêlent à la douceur du trait, une douceur qui jamais ne rassure complètement. Cette légèreté des pigments, souvent étirés dans des nuances délicates, rapproche l’humain et l’animal dans une même vulnérabilité, une même quête d’appartenance. Dans cet univers aqueux, les contours se fondent, les frontières s’effacent, et la fluidité devient langage : celle d’une identité insaisissable, d’une rencontre entre deux mondes qui s’observent, se craignent souvent, se comprennent parfois. L’aquarelle devient une manière d’effleurer, sans brusquer, les vérités enfouies de ses figures et de ceux qui les regardent.

Le saviez-vous ?
Edi Dubien a trouvé dans le dessin un espace de refuge face à une enfance marquée par le rejet. Ses premiers traits, réalisés en secret, portaient déjà ce regard mélancolique et cette quête d’un lien avec le monde vivant.

Je réserve mon billet

MUSÉE DE LA CHASSE ET DE LA NATURE
Jusqu’au 17 août 2025
62 rue des Archives, 75003 - M° Rambuteau (11)
Du mar. au dim. de 11h à 18h, mer. jsq. 21h30, fermé le lun.
Tarif : 13 € - TR : 11 € - Tarif unique nocturne : 5 € - Gratuit -18 ans


Vous aimerez aussi…

Helena Minginowicz, Tingle, 2026
  • Contemporain
  • Gratuit

Exposition Helena Minginowicz, Out of Order, à la galerie Prima

GALERIE PRIMA
Du 8 octobre au 14 novembre 2026

La galerie Prima montre jusqu’au 14 novembre 2026 pour la première fois en France les peintures à l’aérographe sur essuie-tout d’Helena Minginowicz, avec un ensemble inédit de toiles : Out of Order.

Gina Pane, A Hot Afternoon, 1977, constat de l’action du 1er juillet 1977
  • Contemporain

Exposition Gina Pane, A Hot Afternoon, aux Beaux-Arts de Paris

BEAUX-ARTS DE PARIS, CABINET DES DESSINS JEAN BONNA
Du 20 octobre au 18 décembre 2026

Les Beaux-Arts de Paris, où Gina Pane fut élève, montrent du 20 octobre au 18 décembre 2026 le constat de A Hot Afternoon, action menée à la Documenta de Cassel en 1977 et tout juste entrée dans leurs collections.

Alberto Giacometti, Têtes d’homme, vers 1962, Fondation Giacometti
  • Sculpture

Exposition Alberto Giacometti / Olivia Rosenthal, Sortir du bois, à l’Institut Giacometti

INSTITUT GIACOMETTI
Du 11 novembre 2026 au 21 février 2027

Du 11 novembre 2026 au 21 février 2027, l’Institut Giacometti confie son accrochage à l’écrivaine Olivia Rosenthal : une cinquantaine de sculptures réunies sur une seule plate-forme, de L’Homme qui marche II aux Femmes de Venise.

Épitaphe de Nicolas Flamel, exposition Nicolas Flamel au musée de Cluny
  • Incontournable
  • Découverte

Nicolas Flamel, alchimiste de papier : notre visite au musée de Cluny

Musée de Cluny
Du 13 octobre 2026 au 24 janvier 2027

Entre histoire et légende, le musée de Cluny retrace le destin singulier de Nicolas Flamel, écrivain public, bourgeois parisien, propriétaire avisé et généreux donateur aux XIVe et XVe siècles. Comment cet homme de son temps est-il devenu, au fil des siècles, une figure mythique de l’alchimie ?