Exposition Christophe Airaud à la Galerie Rastoll : l’absence de la peinture dans la photographie

Galerie Rastoll
Du 30 janvier au 22 février 2025

 

4

Christophe Airaud n’est pas peintre. Et pourtant, il y a dans l'œuvre de ce photographe contemporain la sensibilité d’un François Boucher et le souci de la vérité d’un Jean-Baptiste Siméon Chardin. Certains verront peut-être dans ses clichés de forêts impénétrables la poésie solitaire d’un Théodore Rousseau ou la douceur atmosphérique et la lumière éthérée d’un Caspar David Friedrich au sommet des montagnes. D’autres trouveront dans ce bouquet de roses figé avec une précision troublante le charme délicieusement suranné des compositions florales de la peinture baroque hollandaise du XVIIe siècle. Pourquoi donc baptiser cette nouvelle exposition « L’absence de la peinture » quand chaque image semble convoquer la maestria des grands maîtres du passé ?

Pour sa sixième exposition personnelle à la Galerie Rastoll, Christophe Airaud ose un regard en arrière. Un geste rare chez les photographes, plus enclins à capturer le présent, à regarder le monde en face. Dans cette série, l’artiste fait le choix contraire en se lançant à la poursuite de fantômes de la peinture, traquant les ombres des plus grands peintres sur les plaines, rivières et vallées qui jalonnent son œuvre. Les inspirations sont nombreuses, parfois éclatantes, d’autres fois plus discrètes et silencieuses. 

Ici, un ciel chargé nous évoque la palette inimitable de Turner, quand la voix de Vincent van Gogh résonne : « Je ne fais pas des citations, je fais des traductions. » Christophe Airaud n’imite pas, il ne copie pas non plus. Le photographe réinterprète le monde qui l’entoure, proposant une vision à la fois collective et profondément personnelle. Derrière leurs faux airs de peintures, ses « tableaux » brouillent ainsi les frontières entre les arts, déformant la stricte réalité pour brosser un portrait mouvant, presque évanescent, de la photographie elle-même.

GALERIE RASTOLL
Du 30 janvier au 22 février 2025
16 rue Sainte-Anastase, 75003 - M° Saint-Sébastien-Froissart (8)
Du mardi au samedi 13h-19h, fermé le dimanche et lundi
-Entrée libre-
Plus d'informations ici 


Vous aimerez aussi…

BACON_1986.0003_CRP
  • Gratuit
  • Découverte

Francis Bacon à la galerie Gagosian

Galerie Gagosian
Jusqu'au 30 mai 2026

Trois tableaux. Trois corps tordus sur des fonds saturés de couleur. C'est tout – et c'est immense.

AKI_3235_72dpi_1
  • Gratuit
  • Contemporain

Nymphaüm par Anselm Kiefer

Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin
Du 25 avril au 25 octobre 2026

De l'or, des lianes, des nymphes. Personne n'attendait Anselm Kiefer sur ce terrain-là – celui de la grâce classique, des divinités aquatiques

L'Ours Copyright Marianne Rosensthiel
  • Incontournable
  • Cinéma

Le chantier invisible à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
Jusqu’au 31 octobre 2026

Maquettes, repérages et storyboards : la Fondation Pathé révèle 50 ans de préparation des films de Jean-Jacques Annaud.

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.