Exposition L'Art Brut d’Iran à la Halle Saint Pierre
LA HALLE SAINT PIERRE Du 12 février au 31 juillet 2025
15
Il existe des œuvres qui ne cherchent ni à plaire, ni à expliquer. Elles surgissent d’une nécessité intérieure, brutes et irrépressibles, comme une voix qui refuse de se taire. La Halle Saint Pierre consacre cette exposition bouleversante à vingt-quatre artistes iraniens autodidactes, dont les œuvres, libres de toute convention, échappent aux normes académiques.
Un dessin au fusain de Davood Koochaki, ancien ouvrier agricole, capte ici toute notre attention : une créature mi-humaine, mi-onirique, surgit d’un fond noir. Les lignes tremblent, mais leur force est incontestable. À ses côtés, les broderies de Farideh Yousefzadeh, fines comme des toiles d’araignée, transforment des motifs persans ancestraux en cartes poétiques d’un monde intérieur. Plus loin, les sculptures totémiques de Mohammadali Dehghanizadeh s’imposent. Assemblées à partir de matériaux de récupération – bois, métal rouillé, fragments d’objets – elles évoquent des esprits anciens, convoqués dans une danse mystérieuse.
Ces œuvres racontent autant les blessures d’un monde en mutation que l’ingéniosité d’artistes résistant à l’effacement. Les racines du zoroastrisme, les mystiques soufies, les poèmes d’Hafez semblent imprégner ces œuvres, sans jamais les emprisonner. Ici, l’art ne s’explique pas : il impose une présence, brute, insoumise.
HALLE SAINT PIERRE Du 12 février au 31 juillet 2025
2 rue Ronsard, 75018 - M° Anvers (2)
Du lun. au ven. 11h-18h, sam. jsq. 19h, dim. 12h-18h
Tarif : 10 € - TR : 8 € - Gratuit -12 ans Plus d'informations ici
CHÂTEAU DE VERSAILLES Du 25 novembre au 3 mai 2026
C’est une scène oubliée de l’Histoire : en 1725, quatre chefs amérindiens et la fille d’un chef du Missouri traversent l’Atlantique pour être reçus à la cour de Louis XV. Derrière ce voyage diplomatique extraordinaire, une alliance politique se joue entre la France et les nations autochtones de la vallée du Mississippi, sur fond de rivalités coloniales.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Avant Warhol, avant la société du spectacle, Kees van Dongen savait déjà tout. La couleur comme arme. Le portrait comme scène. La peinture comme attitude.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Suivez-nous !
Inscrivez-vous
Gratuitement
Chaque semaine, les bons plans culturels du week-end