Exposition : Formes ouvertes, Olle Bærtling ouvre la voie
INSTITUT CULTUREL SUÉDOIS
DU 20 FÉVRIER AU 19 JUILLET 2026
Il n’a jamais accepté que la peinture s’arrête à un cadre. Olle Bærtling pense la forme comme un élan.
Une force lancée dans l’espace, tendue vers un ailleurs. Très tôt, sa peinture se construit dans le mouvement, dans cette idée que la surface n’est qu’un point de départ. Né en 1911 en Suède, Bærtling commence à peindre en autodidacte dans les années 1930. Ses premières œuvres portent les traces d’un expressionnisme sombre, fait de lignes épaisses et de formes cernées. L’après-guerre, les villes blessées, les paysages fragmentés affinent cette écriture. Puis Paris ouvre un champ décisif. Les ateliers d’André Lhote et de Fernand Léger, la rencontre avec Auguste Herbin, l’inscription au Salon des Réalités Nouvelles transforment profondément son rapport à la peinture. À partir des années 1950, Bærtling affirme ce qui devient le cœur de son œuvre : la forme ouverte. Une géométrie sans fond, sans centre, sans clôture. Des triangles aigus, des angles projetés hors champ, des lignes qui prolongent la toile au-delà de sa surface. La couleur occupe une place essentielle. Franche, saturée, tendue, elle agit comme un vecteur perceptif, structure le regard, imprime une énergie immédiate. Peinture, sculpture, projets monumentaux, œuvres pensées pour l’espace public : Bærtling imagine des formes capables d’habiter la ville, de dialoguer avec l’architecture, de se projeter à l’échelle du paysage. Certaines resteront à l’état de projets, parmi les plus ambitieux de son époque, révélant une vision qui n’a jamais cessé de regarder vers l’avant. L’Institut suédois pose ici les bases d’une nouvelle abstraction, plaçant Bærtling au centre d’une conversation artistique inédite, figure fondatrice autour de laquelle gravite un nouvel art qui dépasse ses propres limites.
DECRYPTAGE DE QUELQUES OEUVRES
L’exposition ouvre un champ de résonances à cette pensée radicale, en invitant sept artistes contemporains à explorer et réinventer la notion de forme ouverte.
Cécile Bart, la forme comme écran
Chez Cécile Bart, la forme se fait seuil. Ses peintures écrans, constituées de voiles translucides, transforment la couleur en surface sensible. La toile n’est plus un plan frontal, mais un espace traversable, modulable, activé par la lumière et le déplacement du regard. Une abstraction vécue physiquement, à hauteur de corps.
Rana Begum, la couleur en mouvement
Rana Begum explore une abstraction vibratoire, nourrie par la lumière et l’architecture. Grilles, plis, reliefs colorés composent des œuvres qui changent selon l’angle, l’heure, la position du spectateur. La forme ouverte devient expérience optique, presque cinétique, inscrite dans un dialogue constant avec l’espace environnant.
Brooklin A. Soumahoro, le rythme du geste
Avec Brooklin A. Soumahoro, l’abstraction se construit dans la répétition et la précision extrême du geste. Des milliers de minuscules triangles peints au pinceau composent des surfaces tendues, presque vibrantes. Une abstraction méditative, située à la frontière du rituel, qui prolonge l’héritage moderniste vers une temporalité contemporaine.
INSTITUT CULTUREL SUÉDOIS
Du 20 févr. au 19 juillet 2026
11 rue Payenne, 75003 - M° Saint-Paul (1)
Du mar. au dim. 12h-19h - Le jeu. jsq. 21h - Fermé lun.
Entrée libre



