Spécial château Île-de-France: Château de Rosa Bonheur, un refuge, un manifeste, un autoportrait

CHÂTEAU DE ROSA BONHEUR

 

4

C’est une maison habitée. Habitée au sens le plus fort du mot. On entre au château de Rosa Bonheur comme on entre dans une vie, une pensée, un souffle d’indépendance. Ici, rien n’est décor. Tout est vécu.

En 1859, Rosa Bonheur est au sommet de sa gloire. "Le Marché aux chevaux", immense toile présentée au Salon de Paris puis achetée à prix d’or par un collectionneur américain, lui offre quelque chose d’inouï pour une femme de l’époque : les moyens d’acheter son propre domaine. Ce sera le château de By, à Thomery, en lisière de la forêt de Fontainebleau. Elle y vivra quarante ans, entourée d’animaux, de ses amies fidèles, de ses pinceaux et de son silence.

Première femme artiste à vivre de son art, première femme décorée de la Légion d’honneur, Rosa Bonheur déjoue tous les usages. Elle porte le pantalon à une époque où il faut une autorisation préfectorale pour cela. Elle se coupe les cheveux. Elle peint les taureaux, les lions, les cerfs avec une puissance anatomique qui fait frémir les critiques de l’époque. Ses tableaux s’exportent jusqu’à New York. Sa réputation dépasse celle de bien des hommes. Et pourtant, elle choisit la solitude, le recueillement, la forêt, les étables et les ciels de Brie.

À By, elle fait aménager un atelier lumineux au-dessus des communs, dans un style néo-gothique normand étonnant, entre briques, pierres et boiseries. Cet atelier, resté intact, peut encore être visité. On y sent la poussière des pigments, la présence de ses carnets, l’écho de son regard. Il n’y a rien à reconstituer : tout est là. Aujourd’hui, le château se visite, se rêve, se partage. On y voit ses meubles, ses lettres, ses pinceaux, son mobilier. Rosa est partout, mais sans jamais peser.

Il y a peu de lieux en France où l’âme d’un artiste habite encore les murs. Peu de demeures où l’on visite à la fois une œuvre et une vie. Le château de Rosa Bonheur est de ceux-là. Un lieu discret, vibrant, infiniment libre.

CHÂTEAU DE ROSA BONHEUR
12 rue Rosa Bonheur, Thomery (Ligne R)
Du mer. au dim. 10h-18h30, fermé lun. et mar.
Tarif : 18 € - TR : 1/10 € 


Vous aimerez aussi…

Gina Pane, A Hot Afternoon, 1977, constat de l’action du 1er juillet 1977
  • Contemporain

Exposition Gina Pane, A Hot Afternoon, aux Beaux-Arts de Paris

BEAUX-ARTS DE PARIS, CABINET DES DESSINS JEAN BONNA
Du 20 octobre au 18 décembre 2026

Les Beaux-Arts de Paris, où Gina Pane fut élève, montrent du 20 octobre au 18 décembre 2026 le constat de A Hot Afternoon, action menée à la Documenta de Cassel en 1977 et tout juste entrée dans leurs collections.

Baya, Femme en robe orange et cheval bleu, vers 1947
  • Contemporain
  • Incontournable

Exposition Singulières, artistes, autodidactes, affranchies, au LaM de Villeneuve-d’Ascq

LAM
Du 3 octobre 2026 au 14 février 2027

Le LaM, à Villeneuve-d’Ascq, réunit du 3 octobre 2026 au 14 février 2027 soixante-dix femmes et plus de trois cents œuvres d’art brut dans Singulières, artistes, autodidactes, affranchies, de Baya à Séraphine Louis.

Visuel de l’exposition Animal culte
  • Découverte
  • En famille

Exposition Animal culte au musée des Confluences, Lyon

MUSÉE DES CONFLUENCES
Du 16 octobre 2026 au 15 août 2027

Le musée des Confluences, à Lyon, présente Animal culte du 16 octobre 2026 au 15 août 2027 : trois cent trente objets et spécimens pour se demander si nous vivons avec les animaux ou à leurs dépens.

Site archéologique de Nice-Cimiez
  • Contemporain

Exposition Anne et Patrick Poirier, Mémoires des ruines, au musée d’Archéologie de Nice-Cimiez

MUSÉE D’ARCHÉOLOGIE DE NICE-CIMIEZ
Du 7 novembre 2026 au 5 septembre 2027

Du 7 novembre 2026 au 5 septembre 2027, le musée d’Archéologie de Nice-Cimiez pose pour la première fois les ruines inventées d’Anne et Patrick Poirier au milieu des thermes romains : Mémoires des ruines, avec le MAMAC.