Exposition Double Miroir, Peter Funch & Klaus Thymann à la Maison du Danemark

LE BICOLORE – MAISON DU DANEMARK
Jusqu’au 31 juillet 2025

 

2

Il y a ce que l’on voit. Et ce qu’on croit voir. Les glaciers, eux, fondent lentement – mais dans l’image, parfois, rien ne bouge. C’est tout l’enjeu de Double Miroir, cette exposition aussi optique que politique, présentée au Bicolore - Maison du Danemark. Peter Funch et Klaus Thymann s’y confrontent au même objet – la disparition glaciaire – à travers des stratégies opposées. Deux regards pour un effacement. Le titre lui-même est un piège : Double Miroir n’est pas un simple reflet, mais un effet de piège optique. En climatologie, ce terme désigne aussi la double couche d’atmosphère qui piège la chaleur sur Terre. Ainsi, la métaphore devient concrète, matérielle.

Le miroir, ici, brûle. Peter Funch superpose le passé et le présent. Par la technique des couches RVB (rouge, vert, bleu), il fabrique des paysages comme des fantômes colorés, où les glaciers semblent flotter entre deux temps. Klaus Thymann, de son côté, reproduit à l’identique d’anciennes vues aériennes du Groenland : en plaçant son objectif là où un autre s’était tenu un siècle plus tôt, il force le regard à mesurer l’absence. Le vide. Ces deux narrations, scientifiques et sensibles, composent une seule mise en garde : si nous ne voyons pas ce qui change, c’est peut-être notre regard qu’il faut corriger. L’exposition, conçue par Project Pressure, est une réponse poétique à l’Appel des Nations Unies pour la préservation des glaciers en 2025. Plus qu’un double regard, c’est un miroir dressé à nos propres aveuglements.

LE BICOLORE – MAISON DU DANEMARK
Jusqu’au 31 juillet 2025
142 avenue des Champs-Élysées, 75008 – M° George V (1)
Du mar. au dim. 12h-18h - Fermé le lun.
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

IMG_0515
  • Gratuit
  • Contemporain

On a vu, on a adoré : Susanna Inglada, le dessin debout au Drawing Lab

Du 13 février au 10 mai 2026
Drawing Lab

Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.

L'Ours Copyright Marianne Rosensthiel
  • Incontournable
  • Cinéma

Le chantier invisible à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
Jusqu’au 31 octobre 2026

Maquettes, repérages et storyboards : la Fondation Pathé révèle 50 ans de préparation des films de Jean-Jacques Annaud.

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.