Rétrospective de l'artiste lorrain Georges de La Tour au Musée Jacquemart-André

Musée Jacquemart-André
Du 11 septembre 2025 au 22 février 2026

 

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Un homme de silence, d’ombre et de lumière. Georges de La Tour n’écrivait pas, n’expliquait rien. Il peignait, sans fioritures ni bavardages, des visages d’humbles, des saints pénitents et des mendiants aveugles, éclairés à la chandelle, comme s’il cherchait à capter une vérité nue, spirituelle et charnelle à la fois. Presque disparu des mémoires après sa mort, il faudra attendre trois siècles pour que l’on redécouvre enfin ce peintre lorrain devenu l’un des plus fascinants du Grand Siècle. Le Musée Jacquemart-André lui offre aujourd’hui une rétrospective rare, la première depuis 1997 en France.

Une trentaine de toiles venues de Washington, Cleveland, San Francisco, Épinal ou Rennes : des visages tendus vers la lumière, des drames muets, des nuits de grâce. Une main qui gratte une puce, un regard qui se détourne, une larme qui ne tombe pas. Et toujours cette clarté intérieure qui traverse les ténèbres, éclaire les marges, magnifie les silences. Ce n’est plus une peinture : c’est une révélation.

 

ZOOM SUR…

Le Nouveau-Né (vers 1645, Musée des Beaux-Arts de Rennes)
Peut-être la toile la plus bouleversante de l’exposition. Deux femmes veillent un nourrisson emmailloté dans la pénombre. L'une soutient doucement la tête du bébé, l'autre tient une bougie. Le visage maternel se penche, paisible, presque extatique, tandis que la flamme tremble au cœur de la composition. Pas d'auréole, pas de décor sacré – mais une scène si dépouillée qu’elle en devient universelle. Est-ce une Nativité ? Un simple accouchement ? Un deuil ? La Tour laisse le doute planer, et c’est cette ambivalence qui étreint. Dans cette peinture où le silence pèse autant que la lumière, le sacré affleure dans le plus quotidien des gestes.

La Madeleine pénitente (vers 1635-1640, National Gallery of Art, Washington)
Une autre œuvre iconique, venue exceptionnellement de Washington, dans laquelle la lumière n’éclaire plus une naissance, mais une introspection. Madeleine, assise, solitaire, plongée dans ses pensées, caresse un crâne posé sur ses genoux. Une chandelle posée devant un miroir suggère la fugacité de la vie. Le rouge de la robe, la chaleur de la peau, la douceur du geste : tout est retenu, mais vibrant. Ici, la repentance devient contemplation, et la spiritualité, un face-à-face silencieux avec le mystère de la mort.

 

MUSÉE JACQUEMART-ANDRÉ
Du 11 septembre 2025 au 22 février 2026
158 bd Haussmann, 75008 - M° Miromesnil (9/13)
Tlj. 10h-18h, ven. jsq. 22h, sam. et dim. jsq. 19h
Tarif : 18,50 € - TR : 15 € - Gratuit - 7 ans 


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