Exposition Trémois, L’anatomie du trait au Pavillon Comtesse de Caen de l'Académie des Beaux-Arts

Pavillon Comtesse de Caen de l'Académie des Beaux-Arts
Du 18 juin au 28 septembre 2025

 

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Il a fait de la ligne une épure sacrée, tendue comme un nerf. Un trait capable de retenir le mystère des corps, la violence du monde, la pulsation du vivant. Pierre-Yves Trémois, immense dessinateur et graveur, revient sous la lumière d’une rétrospective fulgurante au Palais de l’Institut de France, dans l’écrin du Pavillon Comtesse de Caen, où l’Académie des beaux-arts rend hommage à celui qui fut l’un des siens.

Disparu en 2020, Trémois avait traversé le XXe siècle à contre-courant, mêlant dans ses œuvres la rigueur classique à une modernité brûlante. À travers une soixantaine de pièces – gravures, dessins, toiles, sculptures – c’est un monde entier que l’exposition fait ressurgir : un univers où l’homme tutoie l’animal, où Eros croise Logos, où les lignes tracent des abîmes. Le torse d’un lutteur, un visage scindé par un aigle, une spirale ADN fondue dans une étreinte : chaque œuvre interroge, fascine, dérange parfois. Toujours, elle accroche la pensée. Car Trémois ne dessinait pas : il écrivait avec l’acide, ciselait avec le bronze, fouillait l’os du visible.

Lauréat du Grand prix de Rome en 1943, formé aux Beaux-Arts, il aurait pu se fondre dans les académismes d’après-guerre. Il en fera au contraire la mue d’un style nerveux, presque chirurgical, puisant dans la mythologie comme dans la biologie contemporaine. Ses illustrations de Nietzsche, Claudel, Baudelaire ou Montherlant, devenues iconiques, incarnent cette tension entre texte et image, entre esprit et matière. Il faut dire que Trémois était un artiste total : graveur, mais aussi sculpteur, céramiste, orfèvre. Un créateur hanté par l’essence de l’humain, qui transforma son art en quête presque métaphysique.

Au cœur de cette œuvre vertigineuse, une figure récurrente : celle de Catherine, son épouse et double fusionnel, sa muse et son miroir. Elle irrigue discrètement la plupart de ses œuvres, conférant à cette traversée de l’anatomie un souffle plus intime, plus amoureux.

PAVILLON COMTESSE DE CAEN DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS
Du 18 juin au 28 septembre 2025
27 quai de Conti, 75006 - M° Pont-Neuf (7)
Du mar. au dim. 11h-18h
Entrée libre


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