Exposition de Etel Adnan, au cœur du silence, à la Galerie Lelong
GALERIE LELONG Jusqu’au 7 mai 2026
Avant les toiles éclatantes et la reconnaissance internationale, il y eut le papier. Des chutes, des feuilles fragiles, des restes de pastels ramassés presque par hasard. À l’automne 1959, en Californie, Etel Adnan commence à dessiner comme on écrit un poème.
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Le support est modeste, le geste fulgurant. Pendant plus de soixante ans, elle ne cessera d’y revenir. Encre de Chine, aquarelle, pastel gras, gouache : chaque technique devient une manière d’habiter l’espace blanc. Les montagnes surgissent, compactes et lumineuses. Les horizons s’ouvrent en aplats vibrants. Des coupes de fruits, des fleurs, des abstractions cosmiques traversent ces formats souvent réduits, concentrant l’énergie d’un paysage entier dans quelques centimètres. Longtemps restée dans l’ombre de ses peintures, cette part essentielle de son œuvre apparaît ici dans toute sa liberté. Leporellos, papiers d’Asie, feuilles colorées : le support n’est jamais neutre, il est respiration. Deux tapisseries complètent le parcours, rappelant que tout commence par un dessin, par un carton préparatoire, par cette main qui pense en couleur. Ici, certaines pièces sont montrées pour la première fois à Paris. On découvre une artiste qui, du Liban à la Californie, a fait du papier un lieu d’intensité rare. Fragile en apparence, inépuisable en profondeur.
GALERIE LELONG Jusqu’au 7 mai 2026 38 avenue Matignon, 75008 M° Miromesnil (9/13) Du mar. au sam. 11h-19h Fermé lun. et dim. Entrée libre
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Avant Warhol, avant la société du spectacle, Kees van Dongen savait déjà tout. La couleur comme arme. Le portrait comme scène. La peinture comme attitude.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
MÉMORIAL DE LA SHOAH - MUSÉE ET CENTRE DE DOCUMENTATION Jusqu’au 15 octobre 2026
On croit connaître Simone Veil. La loi, l’Europe, l’Académie, le Panthéon. On connaît la figure. On connaît moins la fratrie. Le Mémorial de la Shoah choisit un autre point d’entrée : celui de la famille Jacob. Avant la femme d’État, il y a une enfance à Nice. Des rires, des disputes, des complicités. Simone, Madeleine – Milou –, Denise. Trois sœurs liées par une intensité que la guerre ne brisera jamais vraiment.
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