Rosson Crow à la galerie Nathalie Obadia
GALERIE NATHALIE OBADIA
Jusqu’au 30 mai 2026
La Rupture
Neuf peintures nées du feu – littéralement. En janvier 2025, Los Angeles brûle ; quelques mois plus tard, Rosson Crow perd sa mère. De cette double déflagration, intime et collective, l'artiste texane installée à L.A. tire une série incandescente où piscines californiennes se consument sous les flammes, intérieurs baroques se laissent submerger par des vagues, et le mobilier de Versailles disparaît sous une végétation conquérante.
Le mot d'ordre : déstabiliser. Crow superpose les strates comme on fouille une mémoire en ruines – sous-couche psychédélique coulée à même la toile, collage de centaines de sources (cartes postales des années 40, textiles sixties, fragments de magazines), transferts photographiques, puis huile qui vient tout souder dans une surface dense et sensuelle.
Le résultat est un univers paradoxal, à la fois maximaliste et déserté, irrigué par une palette Pop qui fait vibrer chaque forme. On pense à Rosenquist devant Vortex, au Paris pré-révolutionnaire de Darnton devant Revolutionary Spirit Seizes the Cardroom. Mais La Rupture n'est pas un requiem. De la cendre, Crow fait surgir une intensité nouvelle ; du chaos, une forme inattendue. C'est la thèse optimiste, presque physique, de cette exposition : la destruction comme seuil, le deuil comme point de bascule vers autre chose.
GALERIE NATHALIE OBADIA
Jusqu’au 30 mai 2026
91 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008
M° Saint-Philippe-du-Roule (9)
Du mar. au sam. 11h-19h
Fermé le lun. et dim.
Entrée libre



