Sacrée Cathédrale ! Un monument fête ses 850 ans
Musée Bossuet - Cité Épiscopale
Du 6 juin au 6 décembre 2026
Il y a huit cent cinquante ans, les premiers blocs de calcaire étaient posés dans ce qui allait devenir la cathédrale Saint-Étienne de Meaux. Un chantier au long cours, qui traversa les siècles et la guerre de Cent Ans, vit se succéder les styles et les maîtres d'œuvre, et ne fut jamais tout à fait achevé. C'est pourtant sa Tour Noire – emblème retrouvé après plusieurs années de restauration – qui a rouvert le 14 février dernier, inaugurant une année entière de festivités.
Sous la direction de Laura Lèze, responsable de la Cité épiscopale, et le commissariat scientifique d'Anne-Sylvie Stern-Riffe, conservatrice des monuments historiques, et de Cléa Calderoni, historienne de l'architecture, l'exposition refuse la facilité du panorama chronologique pour adopter un parti pris hybride : histoire, archéologie et histoire de l'art s'y entrelacent pour faire relire le monument autrement. Quatre mouvements structurent le propos – le chantier médiéval, les décors, la conservation, et l'imaginaire collectif.
Classée Monument historique dès 1840, dans la toute première vague d'inscriptions protégeant le patrimoine français, la cathédrale Saint-Étienne fait depuis lors l'objet de campagnes continues qui mobilisent aujourd'hui encore tailleurs de pierre, conservateurs et architectes. Mais la section la plus surprenante de l'exposition quitte ce champ savant pour entrer dans celui de l'imaginaire. En amont de l'accrochage, un appel à contribution a été lancé aux habitants : qu'ils apportent leurs objets souvenirs de la cathédrale – affiches, boules à neige, cartes postales, vieux guides, gadgets commémoratifs… Ces objets, généralement sans valeur marchande mais chargés d'histoires privées, dialoguent désormais avec des prêts majeurs du Louvre, des Archives nationales, du Diocèse de Meaux et de sa bibliothèque Guillaume Briçonnet, du Musée de la Grande Guerre ou encore de la Médiathèque du Patrimoine. Par ce jeu d'échelles – entre la miniature domestique et le fragment de haute archéologie – l'exposition rappelle une évidence : une cathédrale n'existe pas seulement dans ses pierres, elle vit dans les regards qui se posent sur elle.
L'année 850 ans ne s'arrête d'ailleurs pas aux murs du musée. Conférences savantes (sur Philippe de Vitry, évêque-compositeur ; sur la sculpture des portails ; sur les cathédrales contemporaines), visites familiales, ateliers pour les tout-petits, grands rendez-vous nationaux – la programmation fonctionne comme un archipel qui relie la cathédrale à la ville, aux Meldois, à la mémoire commune. C'est là le vrai pari de Sacrée cathédrale ! : transformer l'anniversaire d'une pierre en récit partagé.
Le saviez-vous ?
La cathédrale Saint-Étienne de Meaux a compté parmi ses évêques l'un des plus grands penseurs du Grand Siècle, Jacques-Bénigne Bossuet, qui siégea de 1681 à sa mort en 1704. C'est de lui que le musée tient son nom — l'institution est logée dans l'ancien palais épiscopal, monument emblématique du centre historique. Mais un autre évêque de Meaux, bien moins connu, mérite le détour : Philippe de Vitry (1291-1361), musicien, poète et homme d'État, fut l'un des initiateurs de l'Ars nova, révolution musicale qui fit basculer le Moyen Âge dans une écriture polyphonique d'une complexité inédite. Le 18 juin, une conférence spéciale lui est consacrée.
MUSÉE BOSSUET - CITÉ ÉPISCOPALE
Du 6 juin au 6 décembre 2026
5 place Charles-de-Gaulle, 77100 Meaux
Du mer. au lun. 10h-12h30 et 14h-18h







