Laure Prouvost au Grand Palais

GRAND PALAIS
Du 10 juin au 26 juillet 2026

Nous, frissons d'étoiles

 

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Depuis quinze ans, Laure Prouvost fait apparaître ce qui n'existe qu'au conditionnel : rêves, grand-mères imaginaires, langues qui se cherchent, animaux qui parlent. L'artiste française, Turner Prize 2013, s'attaque cet été à l'invisible le plus radical : la matière à l'échelle quantique. Et elle le fait à grande échelle, sous la verrière restaurée de la Nef Nord du Grand Palais, espace d'exception rarement confié à un artiste seul. Une installation spectaculaire, née de deux années d'entretiens avec le philosophe Tobias Rees et le physicien Hartmut Neven, autour d'une question vertigineuse : « Que pourrait-on ressentir en percevant la réalité d'un point de vue quantique ? » Pour y répondre, Prouvost a obtenu l'accès à un puissant ordinateur quantique dont elle a tiré des images et des sons – reflets sensibles et imprévisibles d'un système qui refuse la prédiction. Ni schémas, ni équations : la physique devient matière poétique.

Au centre de l'installation, une sculpture cinétique monumentale à six bras, animée de son et de lumière, omniprésente et évanescente à la fois, abrite en son cœur une vidéo qui relie le visiteur à la matière sous tous ses angles. Autour d'elle, des objets aux allures de météorites baptisés Cute Bits – joli jeu de mots sur les qubits, unités de mesure de l'informatique quantique. Certains prennent la forme de casques dans lesquels on entend des voix et l'on sent une odeur minérale, métallique. Tous dansent en duo ce que Prouvost nomme le « ballet quantique de l'intrication ». Un siècle après sa théorisation, la physique quantique trouve ici une traduction rare, celle d’un émerveillement partagé, d’une métaphysique du « nous ».

GRAND PALAIS
Du 10 juin au 26 juillet 2026
7 avenue Winston Churchill, 75008 - M° Franklin D. Roosevelt (9)
Du lun. au dim. 10h-19h30
Tarif : 8 € - TR : 5 € - Gratuit -18 ans

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