Exposition Talisman, carte blanche à Ali Banisadr au musée Gustave Moreau

MUSÉE NATIONAL GUSTAVE MOREAU
Du 9 septembre au 7 décembre 2026

Pour le bicentenaire de sa naissance, le musée Gustave Moreau ouvre sa maison à un artiste vivant. C'est la première fois depuis 1903. Ali Banisadr, peintre né à Téhéran qui entend les couleurs, y installe peintures, pastels et bronzes jusqu'au 7 décembre.

 

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Cet automne, Gustave Moreau reçoit. Dans l'hôtel particulier où le peintre a empilé quarante ans durant les esquisses, les calques et les tableaux inachevés d'un monde qui n'existe nulle part, le musée invite pour la première fois un artiste vivant, et recommencera chaque année.

Il fallait quelqu'un capable de tenir tête à cet entassement de visions. Ce sera Ali Banisadr, qui entend les couleurs. Synesthète, il associe les sons aux formes et aux teintes, et ses toiles grouillent de foules minuscules, créatures à peine formées prises dans des tourbillons qui tiennent des batailles d'Uccello autant que des enluminures persanes : exactement la fièvre que Moreau entretenait ici.

Il a grandi à Téhéran sous les bombes, gagné la Californie à douze ans, peint des graffitis à San Francisco avant New York. Il a produit pour l'occasion des peintures, des pastels et quatre bronzes, dont Gilgamesh et Cyclopes, accrochés dans les appartements autant que dans le grand atelier. Le dialogue, dit-il, l'intéresse davantage que l'influence.

Il faut mesurer ce que cela suppose. Moreau n'a pas seulement légué sa maison, il l'a transformée en musée de son vivant : en 1895, il charge l'architecte Albert Lafon d'aménager les appartements du premier étage et de convertir les deux niveaux supérieurs en ateliers, reliés par un escalier à vis. Le testament suit en 1897, à une condition expresse, que la collection reste un seul ensemble. Le musée ouvre en 1903 : vingt-cinq mille œuvres posées touche-touche sans chronologie, quatre mille dessins dans des panneaux pivotants sortis du mur. L'accrochage n'a pas bougé depuis.

Autour, le bicentenaire déroule un programme peu banal, déambulation drag d'Élysée Moon, Macbeth en solitaire, six lectures à musée fermé qui mêlent Moreau et le Nadja de Breton. Dans une maison où rien n'a bougé depuis cent vingt-trois ans, c'est beaucoup.

Retrouvez nos autres coups de cœur dans notre top des nouvelles expositions à Paris.

MUSÉE NATIONAL GUSTAVE MOREAU
Du 9 septembre au 7 décembre 2026
14 rue de La Rochefoucauld, 75009 - M° Trinité (12)
Tlj. sauf le mar. 10h-18h
Tarif : 8 € - TR : 6 € - Gratuit le 1er dim. du mois

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