Planète Océan, l'Atelier des Lumières descend dans les abysses
ATELIER DES LUMIÈRES
À partir du 16 octobre 2026
L'océan des documentaires s'arrête où s'arrête la lumière du jour, vers deux cents mètres. En dessous, jusqu'à onze mille, les animaux fabriquent la leur. C'est là que l'Atelier des Lumières descend à partir du 16 octobre, cinquante minutes, sept chapitres, avec deux océanographes à bord.
Cela commence par un phare. Avant même l'eau, une lentille de Fresnel tourne sur les murs de l'ancienne fonderie, et c'est un beau choix, parce que cet objet a une histoire parisienne : le principe est expérimenté en 1822 sur l'arc de triomphe de l'Étoile, puis installé l'année suivante au sommet du phare de Cordouan. La portée des phares passe alors de quelques kilomètres à plus de trente. Un anneau de verre découpé en cercles concentriques, et la navigation change. On part de là.
Descendre pour de vrai
Ensuite on plonge, et la plongée est construite comme telle. On entre par les récifs coralliens, moins d'un pour cent des fonds marins pour un quart des espèces, là où les couleurs sont les plus criardes du vivant et où les raies mobula traversent au ralenti. Puis la lumière baisse. Les mammifères arrivent, baleines à bosse, cachalots, et avec eux les chants. Puis elle baisse encore, et on atteint les abysses, où une symphonie d'êtres bioluminescents défile dans le noir complet.
C'est le cœur du sujet et c'est ce qui rend l'idée bonne. Tout en bas, ces lumières-là s'allument sans aucun témoin. Elles n'ont jamais servi à voir : elles attirent, elles effraient, elles camouflent. Pendant cinquante minutes, on en devient un témoin.
La remontée n'épargne rien. On croise les épaves, puis les déchets, que la scénographie transforme en constellation suspendue, sacs et fragments dérivant comme des bulles figées. C'est la séquence écologique, traitée en images plutôt qu'en chiffres, et elle est d'autant plus efficace. L'expérience s'achève au petit matin, quand le bateau vous ramène à la surface.
Deux océanographes dans la machine
Le détail qui change tout est en bas de l'affiche. Lisa Brenot et Maé Dany-Fort, océanographes, autrices du podcast Café Némo, ont travaillé sur le propos et sur la voix off. Les espèces projetées correspondent à des profondeurs réelles. Dans ce format où l'on prend souvent la beauté pour un argument suffisant, c'est rare, et cela se voit.
Le reste est du grand appareillage : direction de création Jean-Baptiste Hardoin, modélisations 3D de Tigrelab, effets et fumées de Cutback, voix de la comédienne Claire Tran. Et un atelier des enfants conçu par SpectreLab, où les coloriages sont scannés puis lâchés dans l'eau sur les murs, ce qui est, il faut le dire, imbattable.
Ce que ça change pour la maison
L'Atelier des Lumières fait tourner Klimt, Van Gogh et Picasso sur ses murs depuis huit ans. Cette fois le sujet n'est pas un tableau. On ne regarde pas une reproduction agrandie, on regarde un endroit, et un endroit que presque personne n'a vu. C'est un déplacement notable pour un lieu qu'on accuse régulièrement de ne faire que du décor : ici, il n'y a pas d'original à trahir.
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ATELIER DES LUMIÈRES
À partir du 16 octobre 2026
38 rue Saint-Maur, 75011 - M° Rue Saint-Maur (3), Voltaire (9)
Tlj. 10h-20h ; à partir du 2 novembre : lun., mar., jeu. et ven. 13h-18h, ven. et sam. jsq. 21h
Tarif : à partir de 11 € - Gratuit -3 ans







