Irving Penn, L'Essence du portrait, chez Thaddaeus Ropac

GALERIE THADDAEUS ROPAC
Du 7 novembre 2026 au 30 janvier 2027

« Je me suis toujours tenu dans l'admiration de l'appareil : mi-stradivarius, mi-scalpel. » Irving Penn coinçait ses modèles dans un angle de studio et attendait. Thaddaeus Ropac montre le résultat, de Duchamp à Al Pacino, du 7 novembre au 30 janvier, entrée libre.

 

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Il faut commencer par le décor, parce que tout est là. En 1948, Irving Penn fait construire dans son studio new-yorkais un angle aigu, deux panneaux qui se referment. Le modèle entre dedans et n'a plus nulle part où aller. Marcel Duchamp y passe cette année-là : dos au mur, mains croisées, chaussures serrées, et un sourire de joueur d'échecs qui a vu venir le piège et s'en amuse.

La méthode : se documenter, puis attendre

Penn préparait ses séances comme un examen. Dès 1946, il passait les jours précédents à s'immerger dans l'œuvre du modèle, café en main, avant même de le rencontrer. Chacun arrivait, disait-il, armé d'une image de lui-même, et tout le travail consistait à user cette armure sans jamais brusquer.

Le studio est toujours le même, un fond gris, une lumière du nord, rien. Ce dénuement est un outil. Sorti de son décor, de son bureau, de sa scène, le modèle n'a plus que lui-même à offrir.

Ce qu'on voit chez Ropac

Picasso, photographié à Cannes en 1957, est l'image la plus connue de la série et elle n'a pas pris une ride : un chapeau, un col relevé, et un seul œil visible qui vous tient. Un tirage platine-palladium, matière chaude, presque tactile.

Miles Davis, en 1986, n'est réduit qu'à une main ouverte derrière les pistons de sa trompette : pas de visage, pas de posture, un instrument et des doigts. Yves Saint Laurent, à Paris en 1983, se cache la moitié du visage d'une main, un œil surgissant entre les doigts. Sophia Loren en 1959, Silvana Mangano en 1952, Paloma Picasso en 1984 : trois façons de tourner la tête, trois silhouettes découpées comme à la gouge.

S'y ajoutent John Cage, Aaron Copland et Al Pacino. Tirages argentiques pour la plupart, platine-palladium pour les plus précieux, et l'on mesure à quel point Penn tenait le tirage pour la moitié de l'œuvre.

Un automne Penn à Paris

L'exposition n'est pas seule : trois rendez-vous Penn se croisent à Paris cet automne, du Marais à la Bourse de commerce, en passant par la Maison européenne de la photographie. De quoi faire, pour une fois, une vraie traversée d'une œuvre au lieu d'en prendre un fragment.

Chez Ropac, rue Debelleyme, c'est gratuit.

Retrouvez nos autres coups de cœur dans notre top des nouvelles expositions à Paris.

GALERIE THADDAEUS ROPAC MARAIS
Du 7 novembre 2026 au 30 janvier 2027
7 rue Debelleyme, 75003 - M° Saint-Sébastien - Froissart (8)
Du mar. au sam. 10h-19h
Entrée libre

En savoir plus

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