Le Théâtre des émotions : l'exposition à fleur de peau du musée Marmottan Monet

Musée Marmottan Monet
Du 13 avril au 21 août 2022

 

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Yeux exorbités, langues tirées, sourires railleurs… Le truculent Louis-Léopold Boilly ou le redoutable caricaturiste Honoré Daumier se sont durant leur carrière prêtés au jeu des grimaces, immortalisant leurs pairs dans diverses postures. Sans doute inspiré par ce catalogue d’expressions foisonnant, le Musée Marmottan retrace aujourd’hui la fabuleuse histoire des émotions dans une exposition sensible aux premiers émois artistiques de l’espèce humaine. Rodin, Dürer, Fragonard, Courbet, Toulouse-Lautrec ou Vigée Le Brun… l’institution parisienne a réuni les plus grands noms de la peinture, de la sculpture et de la photographie pour illustrer la lente transcription des émotions dans l’Histoire de l’art. Une exposition à fleur de peau, dévoilant avec pudeur et virtuosité les tourments intérieurs des plus illustres modèles. À travers la sélection de quatre-vingts œuvres venues du monde entier, datés du Moyen Âge à nos jours, le musée brosse ainsi un portrait nuancé de la nature humaine, en proie aux émotions les plus intenses. Un parcours riche d’innombrables chefs-d’œuvre, qui introduit aussi bien une réflexion intime et personnelle sur la représentation des sentiments dans l’art, qu’une démonstration sociétale révélant tout du processus de construction du psychisme occidental amorcé dans nos sociétés européennes depuis la fin du XVe siècle.

 

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Focus sur...

Le portrait de l’artiste sous les traits d’un moqueur
Au premier regard, cette toile de Joseph Ducreux a de quoi surprendre. L’artiste, grand portraitiste du XVIIIe siècle, célèbre pour avoir été le premier peintre officiel de Marie-Antoinette, se représente lui-même sous les traits d’un homme moqueur, le visage déformé par un rictus. Habitué à ce genre de fantaisie en peinture, le baron Joseph Ducreux n’en demeure pas moins l’un des portraitistes les plus sollicités des grandes cours européennes de l’époque. Plus surprenant encore, ce fameux autoportrait retrouva une certaine jeunesse sur internet, devenant un mème décliné et partagé en masse sur la toile depuis la fin des années 2000.

Le saviez-vous ?
Le sourire s’est longtemps fait rare dans la grande histoire du portrait. Il faudra attendre la Renaissance pour qu’il fasse enfin son entrée dans la peinture… mais toujours sous haute surveillance. La bienséance exigeait alors une maîtrise absolue du corps, si bien que le sourire denté était réservé jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe aux prostituées, aux indigents et aux ivrognes !

Tentez de gagner votre place pour cette exposition lors de notre événement La Grande cueillette de la culture le3 juillet au Palais Royal. Plus d'informations sur l'association Culture and the City ici.


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