Noir c’est noir, voici le fil conducteur de la carrière de Lee Bae, artiste coréen installé en France depuis plusieurs années. Comme le dit Pierre Soulages, dont Lee Bae admire le travail, le noir « n’est pas une couleur que l’on voit mais c’est une couleur que l’on imagine ». Son œuvre est incandescente, tel le charbon qu’il a longtemps utilisé pour explorer toutes les nuances de cette couleur. Sa « Période de charbon noir » correspond à son arrivée à Paris, à la fin des années 90. Le charbon s’étale sur ses toiles, mais pas que. On se souvient par exemple de Lee Bae investissant avec brio les murs de la chapelle de Kerguéhennec en 2016, grâce à son installation Suspens, composée d’énormes blocs de charbon suspendus à un mètre du sol. Le charbon officie donc comme une exploration du noir, mais aussi comme un pont avec les origines de Lee Bae, formé dans sa jeunesse à la calligraphie et à l’emploi de l’encre de Chine, noire elle aussi. Une couleur obsédante, une tonalité à l’immense charge poétique, dont vous pourrez admirer toutes les vibrations, les densités et la profondeur lors de cette belle exposition, composée de tableaux faits à partir de morceaux de charbon, taillés, poncés, puis juxtaposés.
Of Lee Bae’s works that we have seen in the past few years, his black and creamy white paintings are the most prevalent. But we are less familiar with his earlier works, which could be referred to as from his “charcoal period”.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».
Il y a chez Shirley Jaffe une manière unique de faire vibrer la surface. Des formes nettes, tranchées, presque découpées, qui semblent flotter dans un espace blanc devenu champ actif. La Galerie Nathalie Obadia rend hommage à l’artiste américaine dix ans après sa disparition à travers douze peintures couvrant plus de cinquante ans de création.
Suivez-nous !
Inscrivez-vous
Gratuitement
Chaque semaine, les bons plans culturels du week-end