La Fondation Pernod Ricard abrite le cauchemar de Greenberg pour sa nouvelle exposition
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Greenberg l’a dit, et le monde y a cru : l’abstraction de l’art n’a d’autre fonction que de permettre à la peinture de ne parler que d’elle-même. Elle a pour but ultime de se libérer de toute histoire et de toute contextualisation. Pourtant, il semblerait qu’il existe une autre vérité que celle-ci. C’est en tout cas ce qu’annonce la Fondation Ricard, en proposant une vision plurielle et historique de ce mouvement artistique. L’exposition réunit seize artistes, qui s'opposent d’une manière ou d’une autre à la vision quelque peu genrée et occidentalo-centrée de Greenberg. Parmi eux, l’activiste LGBT Ulrike Müller, Serge Alain Nitegeka, artiste engagé qui raconte son passé de réfugié, ou encore Ad Minoliti, dont les peintures transmettent de puissants messages féministes. Des artistes de générations différentes, en grande majorité issus de pays extra-occidentaux, rassemblés ici afin de promouvoir une forme d’art longtemps bafouée et dévalorisée. À travers des peintures, sculptures, céramiques, ou encore des travaux sur textile, l’exposition met la narration au centre de l’art abstrait, que celui-ci soit vernaculaire, cosmogonique, écologique, politique, etc.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.