Vagabond sans frontières, passager silencieux collectionnant les paysages, SebastiãoSalgado promène depuis vingt ans son objectif aux quatre coins du globe pour capturer la beauté fragile des régions les plus reculées du monde, traquant avec passion la moindre parcelle de terre encore vierge. Genesis, œuvre colossale réalisée sur une décennie, brosse un portrait intimiste et élégant de notre planète, entre contemplation et souvenirs fantasmés d’un monde inviolé.
Dans cette rétrospective saisissante, l’artiste expose cinquante clichés issus de Genesis, tous tirés au platine-palladium. Sublimés par ce procédé de tirage, les vastes décors immortalisés par Salgado baignent dans un nuage de lumière argentée qui invite à considérer leur beauté sous un jour surnaturel. Les lacs scintillent, les nuages dansent et les pics rocheux semblent sur le point de transpercer la fine pellicule qui les sépare du visiteur pour sortir de leur cadre. Une invitation à embrasser notre nostalgie d’un monde immaculé, dans lequel la nature règne encore dans toute sa majesté.
GALERIE POLKA Du 23 janvier au 15 mars 2025 12 rue Saint-Gilles, 75003 M° Chemin Vert - Du mar. au sam. 11h-19h, fermé le dim. et lun. - Entrée Libre
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».