Les nouveaux maîtres de l’abstraction à la Galerie Faidherbe

GALERIE FAIDHERBE
Du 15 janvier au 28 février 2026

 

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Et si l’abstraction n’était pas une page tournée, mais une langue vivante, toujours en invention ? C’est ce que suggère l’exposition Nouveaux Abstraits Contemporains, présentée à la Galerie Faidherbe, en réunissant quatre artistes d’horizons différents dont les œuvres explorent, chacune à leur manière, la force évocatrice de la peinture non figurative. Une constellation de gestes, de matières, d’élans.

On entre dans ce dialogue à pas feutrés, happé par les silhouettes muettes de Max Neumann, peintre allemand né en 1949, dont les figures épurées émergent de fonds noirs charbonneux. Des visages sans regard, des corps sans ombre, qui semblent flotter dans une tension suspendue. De cette économie de moyens, une densité émotionnelle affleure, presque sourde. L’abstraction ici devient présence mentale, presque spectrale.

Face à lui, Antoni Ros Blasco, Barcelonais installé à Paris, propose une œuvre intense, rugueuse, imprégnée de silence. Ses toiles profondes, saturées de noir, convoquent l’héritage de Malevitch autant que celui de Miró. Elles vibrent d’un souffle métaphysique, composent des architectures mentales, entre réminiscences cubistes et visions intérieures. Le noir chez lui n’est jamais fermeture : il est matière vivante, surface d’apparition.

Marco Fantini, plus narratif, joue avec les frontières du dessin, du texte, de la peinture. Repéré à la FIAC en 2005, il assemble des formes humaines en tension, des bribes de mots, des signes épars qui dérivent comme des éclats de rêve. Son travail déroute et fascine, brouille les repères, comme un journal visuel énigmatique. L’esthétique, parfois proche de la bande dessinée, ouvre des champs de lectures multiples.

Enfin, Pascale Piron déploie une peinture de l’intervalle. Une abstraction méditative, respirée, où les blancs ne sont pas vides mais espaces ouverts. Elle broie ses pigments, les étire, les voile, les éclaire, dans une chorégraphie subtile de tensions et d’apaisements. Chaque toile semble retenir un souffle. On y entre comme dans une chapelle laïque, silencieuse.

Quatre écritures, quatre sensibilités, pour rappeler que l’abstraction n’a rien perdu de sa vigueur. Elle continue de parler à notre époque, moins comme un manifeste que comme un territoire à habiter, à rêver, à penser. Une exposition dense, exigeante, essentielle.

GALERIE FAIDHERBE
Du 15 janvier au 28 février 2026
18 rue Jean Macé, 75011 - M° Charonne (9)
Du mar. au ven. 10h30-12h et 14h-19h, sam. 10h30-19h, fermé dim. et lun. Entrée libre


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