Les portraits glacés d'Erwin Olaf à l'exposition de la Galerie Rabouan Moussion
Galerie Rabouan Moussion Du 28 novembre 2020 au 20 mars 2021
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Baignées dans des teintes glaciales, les photographies d’Erwin Olaf nous mettent face à des personnages solitaires et désenchantés évoluant dans des espaces lugubres. Subversif et mystérieux, l’artiste néerlandais fascine toujours par sa faculté à capter le regard par le biais de scènes morbides et dérangeantes. Photojournaliste de formation, il commence sa carrière dans les squats et les soirées queer des années 1980 avant de se concentrer sur ses portraits atypiques à l’esthétique étrangement parfaite. Fasciné par les corps marginaux et les identités ambiguës, son œuvre pop cherche à remettre en cause les normes sociales pour célébrer la différence.
Cette nouvelle exposition tend à montrer le contraste saisissant entre ses premiers clichés ouvertement provocateurs jusqu’à ses récentes scènes intimistes. En sélectionnant des œuvres en noir et blanc, elle dévoile la manière dont la lumière sculpte les corps et les objets, créant une tension constante entre l’image et son sujet. Dans sa dernière série April Food (2020), Erwin Olaf présente des clichés d’apparence très lisses, où le personnage spectral erre dans des décors urbains désertés, proches de l’Apocalypse. À l’instar de cet homme déguisé qui s’isole contre le mur d’une pièce aux nuances grises, sans nul autre indice. On y retrouve le silence des tableaux de Hopper et la palette sombre des scènes de Courbet. Avec brio, l’artiste nous laisse abasourdis dans ce malaise palpable que rien ne semble pouvoir relâcher.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
Du 14 février au 19 juillet 2026 Frac Ile-de-France : Le Plateau / Les Réserves
Peut-on vraiment finir une œuvre ? Pierre Bonnard, dit-on, n’y croyait pas. On raconte qu’il se glissait en douce dans les musées pour retoucher ses toiles, corriger une ombre, raviver un ton, incapable de s’en détacher.
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