Réseaux-Mondes : l'art sur la toile exposé au Centre Pompidou

Centre Pompidou
Du 23 février au 25 avril 2022

 

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Le Centre Pompidou se transforme en laboratoire de création et d’innovation à la frontière des arts, des sciences et des technologies, le temps d’une exposition transcendantale. L’institution réunit une soixantaine d’artistes des années 40 à aujourd’hui, pour interroger la place des réseaux dans une société en perpétuelle évolution, aux interconnexions toujours plus nombreuses. Un constat de départ qui n’est pas nouveau, puisque dès les années 50, Marshall McLuhan, expert en communication, parlait du monde comme d’un « village global ». C’est d’ailleurs à cette époque que se développent les premières œuvres numériques, dans une démarche utopique et cybernétique en réaction aux ravages de la guerre. Les créations de l’époque évoquent alors le développement des réseaux, en imaginant des liens dynamiques entre les espaces et leurs habitants. Les décennies suivantes apportent avec elles un esprit de plus en plus critique vis-à-vis de ces interconnexions, et les œuvres réticulaires suivent cette tendance, pour interroger la place et la fonction des réseaux, sans jamais cesser de mettre ces derniers au cœur de la création. De toutes ces évolutions résultent des œuvres inédites, inattendues, qui surprennent autant sur la forme (usage de tissus, de peinture, mais aussi d’intelligences artificielles et de toiles d’araignées) que sur le fond,  nous invitant à mener une profonde réflexion sur les nœuds et les entrelacements qui composent notre rapport au monde, et au premier réseau régissant notre existence : celui du vivant.

 

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Focus sur... Psycho Graphics, 2019 - Mika Tajima

Avec cette œuvre, l’artiste américaine Mika Tajima nous révèle tout le pouvoir des nouvelles technologies, en nous présentant une création unique, tableau prédictif de l’état émotionnel collectif. L’installation, qui abrite un système d’algorithmes, s’appuie sur un traçage minutieux des émotions exprimées sur la plateforme Twitter. Celles-ci sont analysées en temps réel, grâce à un outil de traitement de langage, avant de nous être transmises sous la forme d’un nuage, exprimant les changements collectifs des tendances affectives. Ici, l’artiste utilise une technique ancestrale de transmissions et de prédictions divinatoires, la fumée, pour donner forme à une sorte de contrôle immatériel des émotions, de manière moderne et innovante. Cette composition nous invite à réfléchir au développement de ces nouvelles techniques de communication, en résonance avec le passé.

 

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