Chiharu Shiota

Du 20 mai au 22 juillet 2017
Galerie Templon //

 

4

Dans les mailles du filet

Chiharu Shiota tisse et déploie une œuvre arachnéenne, enveloppant l’espace fil après fil et donnant du volume à cet élément, si discret de nature. Son travail, de fait, ne passe pas inaperçu. On se souviendra notamment de son intervention à la Biennale de Venise en 2015 « The Key is in the Hand », ainsi que plus récemment au Bon Marché Rive Gauche à Paris "Where Are We Going ? ». Spectaculaires, et pourtant tout en finesse, les créations de l’artiste japonaise sont un concentré d’onirisme, qui pioche dans différents codes culturels, passés ou présents. Pour cette nouvelle performance à la Galerie Templon, Chiharu Shiota choisit de poursuivre sa réflexion autour de l’image des bateaux avec une installation in situ. L’une de 5 mètres, la seconde de 3,5, ces embarcations voguent dans un méandre de filaments rouge sang.  La barque est un symbole riche en connotations. Elle est celle qui transporte les êtres humains d’un lieu à l’autre, dans une direction que la proue nous indique, celle qui nous trace le chemin, porteuse d’espoirs et de rêves d’ailleurs. La barque est également synonyme de cycle, le passage du jour à la nuit, de la vie à la mort, elle longe l’horizon. Un passage funeste sous l’égide de Rê quand elle est issue de la mythologie égyptienne, sous celle de Charon quand elle est grecque. Passage funeste, mais accepté, faisant partie intégrante de la vie elle-même. Passage du temps autant que des distances, et c’est bien vers cette idée que Chiharu Shiota veut nous mener. Par ses assemblages de fils, elle matérialise les réseaux que l’on emprunte, qui nous lient, sans forcément les voir habituellement, de quoi se laisser envoûter.

After a remarkable performance at the Bon Marché Rive Gauche in Paris at the beginning of the year, the Japanese artist Chiharu Shiota returns to the two spaces of the Templon Gallery with a spectacular installation in situ and a new series of unpublished sculptures.

 

Galerie Templon
Du 20 mai au 22 juillet 2017
30 rue Beaubourg, 75003 - M° Rambuteau (11)

Du mar. au sam. de 10h à 19h
Fermé le lun. et dim.
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

Murae_274bk
  • Découverte
  • Photo

Kazuo Kitai à la Maison de la culture du Japon à Paris

MAISON DE LA CULTURE DU JAPON À PARIS 
Du 30 avril au 25 juillet 2026

La MCJP consacre la première rétrospective française à Kazuo Kitai : 130 photographies pour saisir soixante ans de transformations du Japon.

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.

Screenshot
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Simone Veil, Mes sœurs et moi, au Mémorial de la Shoah

MÉMORIAL DE LA SHOAH - MUSÉE ET CENTRE DE DOCUMENTATION
Jusqu’au 15 octobre 2026

On croit connaître Simone Veil. La loi, l’Europe, l’Académie, le Panthéon. On connaît la figure. On connaît moins la fratrie. Le Mémorial de la Shoah choisit un autre point d’entrée : celui de la famille Jacob. Avant la femme d’État, il y a une enfance à Nice. Des rires, des disputes, des complicités. Simone, Madeleine – Milou –, Denise. Trois sœurs liées par une intensité que la guerre ne brisera jamais vraiment.