Levalet

Du 20 avril au 6 mai 2017
Galerie Brugier-Rigail //

 

5

Nobodies

Dans le paysage du street-art, il n’est pas rare de croiser sur les murs quelques personnages de peinture ou de papier, et de les surprendre en pleine action au détour d’un carrefour. Parmi les saynètes qu’ils animent et que l’on peut suivre au fil des rues, celles de l’artiste Levalet restent des plus réussies, tant par leur réalisme que par leur regard plein d’ironie sur notre quotidien. Mais aujourd’hui ses protagonistes se voient quelque peu privés de corps, ou du moins de sa partie visible. Seuls les vêtements sont alors en mouvement, donnant vie à une série de nobodies. Toute l’attention se concentre alors sur ces bouts de tissus et ce qu’ils font. A eux seuls on perçoit malgré tout le statut professionnel, le rang social ou l’appartenance communautaire de l’être qui pourrait se cacher dessous. En ne laissant transparaître que ces apparats d’étoffes, Levalet met en exergue le dress code qui nous est susurré en permanence par la communication et la publicité, jusqu’à ce qu’il en devienne une norme, voire un impératif social. Dans la lignée de Perec, qui supprime l’une des voyelles les plus essentielles dans un roman, Levalet fait disparaître le corps dans un portrait, allant à contre-courant de toute l’Histoire de l’art qui le rend omniprésent. A l’heure du numérique, l’artiste dématérialise l’homme par le papier. Il appuie également, par ce faux semblant d’être humain, notre illusion d’exister et de partager à travers notre double identité sur les réseaux sociaux. Une série déroutante, où l’on peut se projeter tout en s’en détachant, et qui reste malgré l’absence de corps, rempli d’humour et de pertinence.

Le Saviez-Vous ? Dans un style hyper réaliste, les scènes dépeintes par Levalet vont être pensées comme on pense une pièce, comme on met en scène un récit au théâtre. Le spectacle vivant faisant partie de ses premiers amours, il a su puiser dans ses codes graphiques pour les appliquer aux arts plastiques.

In the street-art landscape, it is not uncommon to meet some painters or paper people on the walls, and to surprise them in action at the turn of a crossroads. Among the sketches that they animate and that one can follow along the streets, those of the artist Levalet remain of the most successful.

 

Galerie Brugier-Rigail
Jusqu’au 6 mai 2017

40 rue Volta, 75003 - M° Arts et Métiers (3/11)
De mar. au sam. de 11h à 19h30
Fermé lun. et dim.
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

Exposition Street Art Denfert, une oeuvre de Toctoc dans l ancien Zara de Denfert-Rochereau
  • Gratuit
  • Insolite

Exposition Street Art Denfert : cent artistes dans l'ancien Zara de Denfert-Rochereau

STREET ART DENFERT
Du 3 au 25 octobre 2026

Street Art Madeleine devient Street Art Denfert : 2 400 m² d'ex-Zara pour cent artistes, gratuit

Exposition U2 au Centre culturel irlandais
  • Photo
  • Gratuit

Exposition U2 au Centre culturel irlandais

CENTRE CULTUREL IRLANDAIS
Jusqu’au 18 décembre 2026

Le Centre culturel irlandais célèbre les cinquante ans de U2 avec une exposition de photographies iconiques, jusqu’au 18 décembre 2026. Le parcours retrouve les racines dublinoises du groupe et relie ses premiers lieux à son destin mondial, en entrée libre.

Gaétan Vaguelsy, Hommes aux abricots, 2026
  • Contemporain
  • Gratuit

Exposition Gaétan Vaguelsy à la galerie Polaris

GALERIE POLARIS
Du 17 octobre au 22 novembre 2026

La galerie Polaris expose les grandes compositions de Gaétan Vaguelsy du 17 octobre au 22 novembre 2026, en entrée libre. Scènes pastorales, baignades antiques et tableaux d’histoire y sont rejoués avec des héros d’aujourd’hui, entre références à la peinture occidentale et tee-shirts, baskets ou abricots.

Exposition Voir Tahiti au musée du quai Branly - Jacques Chirac
  • Photo

Exposition Voir Tahiti au musée du quai Branly - Jacques Chirac

MUSÉE DU QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC
Du 29 septembre 2026 au 31 janvier 2027

Le musée du quai Branly - Jacques Chirac présente Voir Tahiti jusqu’au 31 janvier 2027. Acquis en 2023 et dévoilés pour la première fois, les négatifs de Gustave Viaud et les clichés de Paul-Émile Miot comptent parmi les toutes premières images de Tahiti et des Marquises.