Étranger résident, la collection de Marin Karmitz

Du 20 octobre 2017 au 21 janvier 2018 -
Maison Rouge //

 

7

Le film d’une vie

On connaît Marin Karmitz en tant que grand producteur et fondateur des salles de cinéma MK2 mais on ne le connaissait pas comme collectionneur. Étranger et résident, c’est ainsi qu’il se reconnaît. Né en Roumanie en 1938, il a connu le nazisme et le fascisme et a dû fuir le communisme avec ses parents. À l’âge de 9 ans, il débarque à Marseille et deviendra l’une des grandes figures du monde culturel français. Un grand homme que le photographe Johan van der Keuken immortalise d’un double portrait noir et blanc. Marin Karmitz est encore jeune et a le regard grave.

Cette collection engagée c’est en quelque sorte son autoportrait. Les œuvres évoquent une époque, le XXe siècle et ses tragédies, des lieux et des histoires, de l’Europe aux Etats-Unis.

Des photographies à dominance noir et blanc, des paysages enneigés d'Abbas Kiarostami aux images-mémoires de Chris Marker, à celle poétique d'André Kertesz, d’un homme au bord de l’East river à New-York dans l’attente et dont on ne voit pas où porte le regard, laissant alors libre cours aux questionnements. Poésie encore, dans l’installation “Animitas” ou la musique des âmes, de Boltanski. Une exposition résolument tournée sur l’Histoire, magnifique, mélancolique et à la fois lumineuse à l’image d’un visage de résistance, celui autant charbonneux qu'illuminé, du mineur photographié en 1937 par Gotthard Schuh.

Le saviez-vous ? La collection de Marin Karmitz comprend une étrange photographie de Man Ray. En 1880, le corps d'une jeune fille est repêché dans la Seine. La suicidée séduit l'assistant du médecin légiste, qui en réalise un moulage. Celui-ci devient culte. Photographiée par Man Ray, l'inconnue de la Seine a envoûté Aragon qui, dans Aurélien, vénère « cette jeune morte belle éternellement ». Albert Camus la compare à une « Joconde noyée ».

Marin Karmitz was born on october 1938. A graduate from the influential IDHEC film school, he was initially assistant director to the filmmakers Jean-Luc Godard, Agnès Varda, Jacques Rozier, Yannick Bellon and Pierre Kast. Come discover his collection !

Maison Rouge
Du 20 octobre 2017 au 21 janvier 2018
10 boulevard de la Bastille, 75012 - M° Quai de la Rapée (5)

Du mer. au dim. de 11h à 19h
Nocturne le jeu. jusqu’à 21h
Fermé le lun. et mar.
Tarif : 10€ - Tarif réduit : 7€

 

 


Vous aimerez aussi…

DSC07771®dby-photographie_Cite du Vin_GEDEON Programmes_Atelier Sylvain Roca
  • Contemporain
  • Incontournable

Cité du Vin Bordeaux : elle fête ses 10 ans !

CITÉ DU VIN
Du 1er avril au 1er novembre 2026

Dix ans déjà que Bordeaux possède son vaisseau de verre et de lumière posé sur les quais. Dix ans que la Cité du Vin célèbre le monde dans un verre, les terroirs dans un récit, les saisons dans une…

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

VANDONGEN_Bouquet_cadre
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition de Kees Van Dongen, Solo Show, à la Galerie Hélène Bailly

GALERIE HÉLÈNE BAILLY
Du 24 mars au 31 mai 2026

Avant Warhol, avant la société du spectacle, Kees van Dongen savait déjà tout. La couleur comme arme. Le portrait comme scène. La peinture comme attitude.

Ha Chong-Hyun, Conjunction 24-82, 2024 © Ha Chong-Hyun, Courtesy of the Artist and Almine Rech
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition Masters of Dansaekhwa, Former le monochrome, à la Galerie Almine Rech

GALERIE ALMINE RECH
Jusqu’au 23 mai 2026

À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».