Galerie Chevalier Du 1er décembre 2017 au 12 janvier 2018
Du 1er décembre au 12 janvier 2018 - Galerie Chevalier //
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Apparitions
Mathieu Ducournau est l’artiste du fil et de l’aiguille. Il a bien essayé la peinture, mais a vite troqué ses pinceaux contre des bobines quand il a croisé la route d’une machine à coudre. Il faut dire qu’il la manie avec une virtuosité déconcertante. Il file, dessine et crée des motifs qui semblent virevolter sur le tissu et la toile. Les portraits s’animent, incroyablement précis, caractérisés par un aspect crayonné et duveteux. Sans cesse, l’artiste fait référence et rend hommage à ses sources d’inspiration, qui passent de Velázquez aux émoticônes sans problème. La Joconde ou la Méline crépitent de couleurs, à la fois floues et pourtant parfaitement reconnaissables, piquées sur le vif par des doigts agiles. Le résultat sidère et fascine. On ne s’étonnera pas que Mathieu Ducournau expose son travail depuis 1996, ni qu’il ait déjà travaillé pour des maisons de luxe françaises telles que Taillardat ou Hermès.
Mathieu Ducournau is an atypical artist who creates paintings by sewing with colored threads. It will be exhibited for the first time at Galerie Chevalier from December 1st.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
À presque 90 ans, Larry Poons peint toujours comme on plonge. Sans filet. Figure majeure de l’abstraction américaine, révélé dans les années 1960 aux côtés de Frank Stella et exposé très tôt au MoMA, Poons n’a jamais cessé de se défaire de ce qui l’avait rendu célèbre.
À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».
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