A la loupe - Kasimir Malévitch et la naissance du Suprématisme

Centre Pompidou
Du 28 mars au 16 juillet 2018

Malévitch -

Carré noir suprématiste, 1915 //

Un théâtre de Moscou. Voici le lieu de naissance du suprématisme, qui vit le jour en 1913 sous les pinceaux du jeune Malévitch, peintre alors peu connu, encore fauviste et cubo-futuriste – ne vous arrêtez pas à ces termes quelque peu obscurs, nous allons tout vous expliquer.

En 1913 donc, Kasimir Malévitch est convié à réaliser les costumes et les décors de l’opéra Victoire sur le soleil, de son ami et poète Alexeï Kroutchenykh. Les spectateurs qui assistèrent à la première de cet opéra futuriste eurent en effet la chance, si tant est qu’ils aient été attentifs aux décors, de voir pour la toute première fois l’esquisse de ce qui deviendra la marque de fabrique de Malévitch et du suprématisme : le fameux carré noir sur fond blanc.

Mais qu’est-ce donc que le suprématisme ? Il s’agit de la pierre angulaire de l’Avant-garde russe. Le suprématisme, c’est simple : géométrie et couleurs sont les maîtres mots. Et de sa période fauviste Malévitch gardera le principe de l’organisation des couleurs en système. Ainsi, le blanc est réservé pour le fond des toiles, et représente toujours l’infini. Le noir est généralement réservé pour l’emblématique carré. Quant aux autres couleurs, primaires surtout, leur emploi n’est pas codifié. Le sens du suprématisme tient tout aussi essentiellement à la géométrie : les formes représentent les dimensions de notre temps et de notre espace. La clef d’une œuvre suprématiste ? Capturer un moment précis dans l’univers : le blanc, c’est l’univers, et les couleurs et les formes, le moment précis.

Deux ans après la Victoire sur le soleil, c’est la naissance officielle de ce courant, avec le fameux Carré Noir suprématiste, réalisé en 1915.

Mais rappelons peut-être qu’aussi étonnant que cela puisse paraître, la carrière de Malévitch, lancée par cette révolution radicale qu’est le suprématisme, s’est terminée sur une touche bien plus classique et traditionnelle. À la fin de sa vie, ses tableaux sont bien plus réalistes et impressionnistes, comme avec sa Fille aux fleurs, peinte en 1930.

>> En savoir plus sur l'exposition


Vous aimerez aussi…

Corot, La Femme à la perle

Corot et l'art du portrait

 Corot - La Femme à la perle (1842-1870) // Si Corot dut sa notoriété de son vivant à ses superbes paysages, ce sont bien ses portraits qui attiraient la convoitise de ses pairs. Son œuvre la…

guernica-picasso-820x300

Les 10 choses à savoir sur Guernica

Pablo Picasso -  Guernica, 1937 // Bien que vous ne puissiez pas admirer Guernica au cours de l’exposition, il est essentiel d’en connaître l’histoire pour mesurer toute la richesse du…

Van Gogh, Autoportrait, 1937

Van Gogh par Van Gogh

Van Gogh -  Autoportrait, 1937 //  Depuis la Révolution française jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, c’est plus d’un millier d’artistes hollandais qui se rendent à Paris, attirés…

Sheila Hicks, The Embassy of Chromatic Delegates, 2015-2016 - Sydney Biennale

Les œuvres mythiques de Sheila Hicks

S’il est une chose que Sheila Hicks refuse, c’est bien la répétition. Un postulat qui l’amène souvent à détricoter les projets précédents pour en tisser de nouveaux, nous invitant à reconsidérer le…